lundi 13 novembre 2017

Ténora et Tible : deux instruments catalans à vent méconnus. Tenora and Tible: two Catalan unknown wind instruments.

par José- Daniel Touroude.

Notre blog est principalement axé sur les instruments à vent et comme la Catalogne est sous les feux de l’actualité, nous avons eu envie d’analyser deux instruments régionaux typiques que vous avez sans doute entendu mais qui sont assez méconnus.
J’ai eu la chance de rencontrer récemment lors du séminaire résidentiel de l’ACIMV (Synthése des trois jours ACIMV) la compositrice catalane Nuria Bonet spécialiste de ces instruments, ce qui m’a donné l’idée de faire un petit article sur notre blog. Ces instruments sont la TÉNORA et le TIBLE.


































A gauche la Ténora, à droite le Tible. 



Description : La TÉNORA et le  TIBLE catalans sont le plus souvent en bois de jujubier (utilisé en ébénisterie appelé «acajou d’Afrique» produisant des fruits savoureux jujubes ou «dattes chinoises» qui poussent dans les pays tropicaux mais aussi en Catalogne). La TÉNORA et le TIBLE français sont fabriqués eux, en buis puis en ébène (comme les clarinettes). La TÉNORA est en si bémol a une longueur d’environ 86 cm et un pavillon métallique qui réduit un peu son poids et comme le hautbois, il se joue avec une anche double. Le TIBLE est en Fa et fait environ 55 cm avec un pavillon en bois qui comporte souvent quatre trous de résonance et reste un des rares hautbois traditionnels chromatiques. Il produit un son plus aigu que la ténora.
Origine :
Ces instruments régionaux de la Catalogne des deux côtés des Pyrénées proviennent d’un vieil instrument qui a fait les beaux jours du moyen âge et qui a perduré dans de nombreux pays en évoluant : il s’agit de la famille des chalémies.

Ces instruments à anche double vont aussi bien donner notamment la Ghaïta nord africaine (que l’on trouve encore dans la Fantasia vu sa sonorité puissante), que le hautbois en Europe.
Utilisation :
La TÉNORA et le TIBLE sont des instruments incontournables dans un type d’orchestre particulier : la Cobla.  Celle ci se compose de 11 musiciens dont les instruments sont en Sib, Fa, et Ut. Le Flaviol (flûte à bec en Fa, très aigu proche du Galoubet provençal qui se joue de la main gauche alors que la droite tape sur le tambourin). Le tambourin donne le rythme et avec le flaviol, ils débutent très souvent la sardane. Les Tibles I et II et les Ténoras I et II. Les Trompettes I et II, (cornets au départ remplacés par la trompette à pistons en Sib plus sonores car la cobla joue en plein air). Le Trombone (à pistons en Ut). Les Fiscorn I et II (bugles à 3 pistons rotatifs en Ut  font les mélodies et les basses du rythme). La Contrebasse (à 3 cordes accordées en quarte font les pizzicati en basses) . 

Sardane d’Enric Viladesau (appelé le prince de la ténora ! 
à qui appartenait la ténora de Paul Carré. 

La Cobla accompagne et  joue pratiquement que pour les danseurs de sardanes. La sardane fait partie des danses anciennes en cercle fermé (affectionnée par  des Ibères selon les grecs anciens) qui se danse alternant souvent hommes et femmes et qui a  été popularisée et normalisée par Pep Ventura . Elle est composée d’une alternance d’une partie de pas courts et une autre de pas longs. On danse la sardane à chaque occasion et fêtes et a été interdite sous Franco ! cette danse est devenue alors une manifestation de la résistance identitaire catalane républicaine. Elle reste très vivante et il y a une multitude de compositions de sardanes et on en compose toujours actuellement.   On en trouve parfois dans la musique classique comme par exemple dans un opéra (héliogabale) de Déodat de Séverac ou l’oratorio « la crèche » de Pablo Casals.  
Histoire :
Au 19ème siècle tous les instruments à vent (flute, clarinette, hautbois, basson) évoluent avec un nombre de trous et de clés supplémentaires afin de jouer la musique romantique nécessitant plus de chromatismes et de virtuosité. Actuellement les ténoras ont souvent 13 clés. En Catalogne les chalémies vont donc suivre le mouvement et se doter de clés également donnant la TÉNORA et le TIBLE modernes. La TÉNORA et le TIBLE sont récents et sont dotées de clés vers la moitié du 19ème siècle.
Originaires de Perpignan vers la moitié du 19ème siècle, ces instruments ont été perfectionnés par Andreu TORON (1815-1886) qui conçoit La TÉNORA comme un instrument militaire au son puissant qu’il appelle hautbois ténor. Il n’aura pas beaucoup de succès. Par contre le clarinettiste catalan Pep Ventura (1817-1875) s’empare de l’instrument de TORON et en devient un virtuose dans son orchestre à Figueres, de l’autre côté des Pyrénées. Par imitation, il fera de nombreux adeptes dans les coblas catalanes pour jouer des sardanes. Il aura une grande influence sur cette musique et sur cette danse qui deviendront emblématiques de la Catalogne. Actuellement il existe plus de 150 coblas en Catalogne et une dizaine en France (Roussillon). Avec l’influence de Ventura et de ses émules, La TÉNORA au son chaud et puissant, plus lyrique devint souvent l’instrument soliste de la cobla au détriment du TIBLE.
Pep Ventura.
Qui a fabriqué les TÉNORAS et TIBLES ?
C’est là que les recherches universitaire de Nuria de répertorier et d’analyser toutes les tenoras et tibles des musées et des collections privées sont essentielles. Logiquement les facteurs de ces instruments sont catalans (catalogne espagnole et catalogne française notamment du Roussillon) avec des constructions similaires mais dans les  25 ténoras recensées dans un article du Galpin society journal, on note que ¼ de ces instruments typiquement catalans étaient produits à la Couture-Boussey ! (Normandie) haut lieu de la facture d’instruments à vent. Ainsi les TÉNORAS françaises sont des instruments construits par les facteurs Jérome Thibouville-Lamy, Thibouville Aîné et Bercioux . On les retrouve au Musée des Instruments (Céret), au Palais Lascaris (Nice), au Musée Casa Pairal (Perpignan), au Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (Marseille) et au Musée des Instruments à vent (La Couture-Boussey) mais aussi dans des collections privées (P. Carré, F. Camboulive, B. Kampman…) indique Nuria. Dans la littérature à ce sujet, seul le ténoriste Albert Manyach en parle (Notice sur les instruments catalans) «Les instruments français ont un clétage supérieur mais un son inférieur à cause de leur bois. En effet, ces instruments sont en ébène au lieu du jujube utilisé en Catalogne. Ils ont souvent moins de clés, par exemple souvent sans clé d’octave qui cause des problèmes d’intonation.» En analysant les collections privées de notre association (ACIMV), Nuria a pu découvrir des nouvelles Ténoras mais surtout des Tibles français inconnus et particuliers qui vont dynamiser ses recherches…. 

































Tible (gauche) et Ténora (droite) français (Collection Thicam)



A suivre et pour vos vacances dans le sud, apprenez à danser la sardane !

De Nuria Bonet : « j’ai écrit il y a quelques mois une pièce pour percussion qui reprend le thème de sardana le plus fameux (à mon avis) «  La Santa Espina ». La pièce est un ‘remix’ de thème, le titre est donc un anagramme de la Santa Espina, Satan Nasal Pie.






jeudi 9 novembre 2017

Un nouveau Quizz musical : Quizz N°3.

Par José Daniel Touroude.


Vous êtes nombreux à avoir lu les précédents et à redemander un petit quizz n°3 supplémentaire pour vous détendre ! Alors tant pis pour vous ….

Le quizz sur les instruments : Quizz 0 Cliquez sur ces liens pour voir les quizz précédents.
Le quizz sur les instruments : Quizz  N°1 
Le quizz et anecdotes musicales n°2 : Quizz N°2

1°) Question : 
Je suis une danse née à la Renaissance autour de la Méditerranée (surtout en Italie). Certains l’ont attribuée au démon, d’autres à une piqûre d’araignée.
Qui suis-je ?

Indice : Les autorités religieuses fustigeaient le public pris par l’envie irrépressible de danser en entendant cette danse effrénée et «se libérer de la possession du diable» en s’agitant jusqu’à l’épuisement, d’autant plus que cette danse était contagieuse, déchaînée, compulsive et entraînait des gestes obscènes, des crises d’hystéries et des évanouissements…Les scientifiques rationnels, contrant la religion, indiquaient que les effets de cette danse étaient une libération des inhibitions et du subconscient comme une drogue allant jusqu’à la catharsis finale. En fait ce n’était pas vraiment une maladie (quoique suer abondamment enlevait les miasmes) mais simplement une piqûre d’araignée appelée la tarentule.


En fait le rythme de cette danse n’est ni démoniaque, ni névrotique et entraîne l’envie de «s’éclater» comme beaucoup de danses. Le fait de vouloir bouger voire battre les pieds en entendant la musique est dû à la stimulation du cervelet diront les neuroscientifiques.



Réponse :   la Tarentelle
Anecdote musicale :
Sir Thomas Beecham s’adressant à un violoncelliste de son orchestre: “Vous avez entre les jambes un instrument qui peut donner du plaisir à des milliers de gens, et tout ce que vous savez faire c’est le gratter !“.
Pour une autre histoire de ce chef talentueux un tantinet grivois que j’adore : cf. quizz n°2 


2°) Question : 
 Je suis un compositeur d’opéra célèbre du 19ème siècle et pour plaisanter et rire des airs d’opéras et de moi même mais aussi surtout des divas aux cris perçants, j’ai composé une œuvre où deux chanteuses chantant mes airs d’un opéra seulement en miaulements .

Indice : c’est vrai que j’aime les chats ! La bonne cuisine et mon lit (je composais au lit)

Le duo pour deux voix féminines et orchestre est tiré des extraits de mon opéra Othello et les seules paroles sont des miaous déchirants !

Nous vous présentons l'avant dernier de la famille :
Tigrou Touroude.


(Si vous avez un chat, et si vous voulez réveiller votre belle mère, mettez ce duo vous aurez vite un trio !)

Réponse : ROSSINI

Anecdotes musicales :
Une  jeune chanteuse rentre à la maison et son père lui dit que si elle travaille bien, il lui donnera 10 euros. Alors elle répond : Le voisin m’a déjà donné 20 euros pour que je ne chante pas aujourd’hui... 
Lao Tseu a dit "La plus belle musique c’est le Silence".....
Un professeur de chorale à Nuremberg demande à un de ses élèves s’il est riche.Non, pourquoi répond –t-il ? Pour savoir si je peux vous faire chanter...


3°) Question :
Je suis un grand compositeur baroque et j’ai eu à subir des copies sauvages à travers l’Europe pour deux concertos pour violon que j’avais écrit. Aussi je n’arrivais plus à les vendre alors j’ai eu l’idée de faire des variantes. Je changeais le début et un peu mes concertos et de 2 j’en ai fait 10 de plus et ainsi j’ai pu vendre mes 12 concertos différents et tellement proches !  Qui suis-je ?

Indice : les revenus des musiciens provenaient soit d’un mécène, et/ou le fait d’avoir un poste contractuel, et/ou gagner des cachets d’interprète virtuose avec des concerts payants, mais aussi être payé par les éditeurs de leurs œuvres. Très tôt les copies pirates des œuvres permettaient de ne pas payer les partitions et se répandaient … … Beaucoup vont se plaindre de cet état de fait notamment Haydn, Beethoven et bien d’autres et ceci jusqu’à maintenant ….




(Je suis aussi prêtre à Venise entouré de jeunes filles que je fais chanter)
Réponse : Vivaldi

Anecdote musicale :

Le pianiste Robert Casadesus joua un jour pour un gala de charité une sonate de Beethoven pour violon et piano avec Albert Einstein au violon. A la fin du concert, quand un journaliste demanda à Robert Casadesus “Alors, Maître, comment joue le professeur Einstein, le père de la relativité ?“, celui-ci répondit un seul mot : “Relativement“ !

4°) Questions :
Je suis l’architecte d’un monument musical célèbre qui a été inauguré le 5 janvier 1875 en présence du roi d’Espagne, du président Mac Mahon, et de moi même. On a joué l’ouverture de Guillaume Tell de Rossini.
Facile !  Garnier  l’architecte de l’Opéra de Paris

Mais plus difficile, je suis un sculpteur et lors de la décoration extérieure  de l’Opéra, j’ai subi un scandale retentissant. Qui suis-je ?

Indice : mes statues étaient dénudées et représentaient une danse mais depuis Praxitèle et la Grèce antique pas quoi de fouetter un chat !


Réponse : «La danse» de Carpeaux.


Ce bas relief de l’Opéra Garnier montrant des femmes dansantes excitées et dévêtues autour du génie de la danse nu. Qualifié d’indécent et scandaleux par la presse conservatrice qualifiée «d’enseigne de mauvais lieu». Le terme enseigne est péjoratif car c’était une source courante de revenus pour les artistes (Toulouse Lautrec fera la célèbre affiche du Moulin Rouge) mais aussi les enseignes des artisans et commerçants pas toujours valorisantes mais source de revenus.
Même Prosper Mérimée critiquera cette œuvre et devant le scandale (la sculpture sera vandalisée et abîmée par une tache d’encre, Napoléon III va l’enlever et demander à Carpeaux d’en refaire une autre plus convenable. Carpeaux refuse, la guerre de 1870 arrive et le scandale s’éteint. Actuellement au musée d’Orsay, elle ne fait plus scandale du tout !

Anecdote musicale :
Le grand pianiste Vladimir Horowitz est invité dans les années 30, par son agent dans une maison close à Berlin pour un peu le dérider de ses arpèges et de son stress mais Horowitz qui a concert le soir, l’accompagne, l’attend mais ne consomme pas. Quand son agent a fini, il retrouve son prodige entouré de toutes ces dames autour du piano, admiratives. Le soir même, Horowitz entre en scène et se plie devant la salle qui applaudie et en relevant la tête que voit-il au premier rang ? Toutes ces dames devenues groupies étaient là !.... Ce diable d’Horowitz avait encore frappé !

Ajout "intempestif" de René Pierre pour les jazzeux fanatics.

Hé ! Hé ! M'sieux nia pas que le classicos...Ya le JAZZ !

Question subsidiaire pour ceux qui ne se sont pas arrêté au Be Bop.....et qui aiment le jazz.


Citez au moins trois des membres de la section de saxes qui jouaient dans le grand orchestre de Mel Lewis dans cette version de Dolphin Dance ?

Indice : Ils ont tous fait une brillante carrière en soliste...et deux sont très connus des amateurs de jazz.


Et oui ! quelle section ouf : Joe Lovano (Ténor) qui a l'air lui aussi d'apprécier le chorus de Kenny Garrett (second alto), quel solo....Dick Oatts (premier alto) un super altiste moins connu du grand public mais un de mes préférés, au deuxième ténor Gary Pribeck dont j'essaie régulièrement de relever les solos et au baryton, là aussi un grand et fidèle de Mel Lewis et des grands big band, Gary Smulyan.

Le tromboniste avec le petit doigt en avant : John Mosca et on reconnaît à la trompette Tom Harrell.

jeudi 19 octobre 2017

ACIMV : Association des collectionneurs d'instruments de musique à vent. Séminaire résidentiel des membres du 13 au 15 octobre 2017.

par José-Daniel Touroude.

Comment résumer en quelques lignes une rencontre de 3 jours aussi foisonnante pour les 30 ans de notre association ? Je ne peux que livrer mes impressions subjectives, (car les discussions et manipulations d’instruments en petit comité étaient nombreuses).

Chaque exposé mérite une retranscription de plusieurs pages et les échanges permanents et informels entre membres, les essayages d’instruments, les confrontations passionnées sur un détail d’instruments ou sur un facteur et bien sûr les prestations musicales auraient nécessité un film !
Jérome Wiss explique le fonctionnement d'une clé d'un ophicléide à notre
Président Bruno Kampmann.
(De gauche à droite : François Camboulive, Jérome Wiss,
Bruno Kampmann, José Daniel Touroude,  David Gondcaille). 
Un constat partagé par tous :

* Ce fut convivial, sympathique, détendu, amical dans un cadre original dans les anciennes usines Thibouville et dans la maison de Jérome Thibouville Lamy (transformé en gîte) avec une météo ensoleillée, ce qui nous a permis de visiter, avec une guide compétente, les lieux chargés d’histoire qui ont du sens pour nous tous, à savoir les ateliers des principaux facteurs de la Couture Boussey et même les maisons de certains travailleurs à domicile puis avec l’animatrice culturelle du musée la visite de l’exposition permanente d’instruments de ces facteurs bien sûr mais aussi de  l’exposition temporaire (notamment sur SML et Gouget) 
La maison de Jérôme Thibouville, lieu du séminaire où
François Camboulive et son épouse nous ont accueillis.

* Ce fut dense, instructif, d’excellent niveau car les conférences alternaient avec des illustrations musicales, voire des petits concerts qui entraînaient des échanges et des  discussions passionnantes et informelles (trop anarchiques pour nos amis suisses !), des rencontres entre personnes et cela du matin jusqu’à minuit !
Elodie Biteau nous présente la Maison Martin Frères
à La Couture Boussey.
* Ce fut original notamment avec un collègue suisse nous parlant de son dernier livre sur l’aérophor, ou une jeune compositrice catalane qui nous a présenté ses recherches sur deux instruments rares : la Ténora et le Tible (dont beaucoup ont été fabriqués chez Thibouville mais que n’ont-ils pas fait !)… et qui compose actuellement un duo pour clarinette et mouettes (elle m’a promis de me l’envoyer mais si elle attend trop je ne pourrais plus jouer la partie de clarinette,  je ferai alors la mouette !).
Ce livre vient de sortir.
Nous en reparlerons.
Alain Girard.














Nous avons eu aussi un exposé passionnant sur les cromornes et un autre sur les poinçons des clés en argent principalement des flûtes, un thème de recherche actuel qui précise la datation des instruments.
Ce qui est passionnant c’est qu’une collection ouvre plusieurs entrées et tout collectionneur est obligé d’avoir une vision pluridisciplinaire (passant de la généalogie qui redonne vie à des facteurs (comme le bel exposé sur Saget), à la connaissance du contexte historique et musicologique, de la compréhension des techniques de fabrication (une visite dans l’usine de Buffet Crampon s’imposait pour commencer ces journées de rencontres) à la nécessité de nettoyer voire restaurer afin de faire sonner ses instruments, à la recherche de trésors en chinant et hantant les enchères (un collectionneur est un chercheur de trésors) et l’as du marteau de Vichy présent à ce séminaire nous raconta quelques pratiques douteuses passées (ouf !) et l’évolution de son métier avec internet au cours d’un repas….  il n’y avait aucun temps mort !
(Gauche à droite : Bruno Kampmann, François Camboulive,
Guy Laurent, Paul Carré)

Beaucoup de questions annexes ont été abordées : ainsi personnellement j’ai été  questionné en tant « qu’ex technocrate et néanmoins clarinettiste » (sic) sur le projet ISF concocté à Bercy qui ne prévoit pas de taxer les collections, alors tous à Vichy !
Autre aparté (et chacun peut en rapporter des dizaines différents) sur la musique spécifique de la Corée du nord  qui s’élabore et qui ne veut pas ressembler à la musique traditionnelle de Corée (partagée par la Corée du Sud), ni la chinoise du voisin puissant, ni de l’occident honni….
* Ce fut aussi musical car montrer et commenter des instruments ne suffit pas et ce fut intéressant d’entendre des spécialistes comparer des instruments anciens différents quant à leurs sonorités, leurs spécificités…  ainsi nous avons eu le plaisir d’apprendre beaucoup de choses concernant les hautbois anciens de la part d’un spécialiste suisse, mais aussi une prestation sur divers saxophones par un professionnel talentueux…
Nous avons eu la chance avec des prestations : duo flûte et basson avec instruments du XVIIIème siècle de Prudent. Paul Carré  jouait sur une flûte Prudent du 18ème siècle et une copie d'une flûte Palanca et Denis Bèlières lui sur un basson copie de Prudent, le fameux duo clarinette basse et clarinette contrebasse (que le monde entier nous envie !) et la venue de pointures professionnelles qui ont joué des pièces pour trompettes diverses, cors, ophicléide en trios et pu ainsi clôturer en beauté nos journées.  

Duo de clarinette basse, Denis Watel et contrebasse
Frédéric Courquin.
Des souvenirs personnels aussi partagés par certains : Samedi matin au lever, encore embrumé par des ronflements de René avec qui je partageais la chambre historique de Jérome Thibouville Lamy (mais René a voulu dormir sur un matelas par terre.)
En conséquence il était logique que ses ronflements soient un Mi2 au diapason 440 (il travaille sa colonne d’air en ce moment) et logique pour un saxophoniste qui joue du ténor en sib (ce Mi2 soit un Fa# pour saxo), Fa# qui comme tout le monde le sait est près du sol ! après cette blague douteuse au lever, notre hôte m’a apporté sa clarinette neuve Tosca de Buffet Crampon n° 700 000 à essayer. Le dernier adhérent de l’ACIMV jeune agrégé de musique arrivant un peu au radar s’est mis au piano spontanément (ce n’était pas un bizutage) et à 8h pour réveiller tout le monde on a joué un tico tico endiablé !  



Un des musiciens présents à la fin du séminaire sortira lui un orgue de barbarie et jouera quelques pièces en duo avec un excellent musicien maîtrisant l’ophicléide … et le calvados aidant, il  se lança avec son orgue dans une chanson paillarde bien connue de notre président qui chanta avec lui… (même dans la voiture en revenant à Paris, cet air lui rappelait apparemment des souvenirs émouvants…)
 
La Polka Thibouville jouée à l'orgue de barbarie Thibouville par
Frédéric Gondot, accompagné par Laurent Madeuf à l'ophicléide, pour la première
fois depuis  sa restauration, la maison de Jérome Thibouville résonnait
d'une musique du Maître des lieux.
* Ce fut transversal : et c’est assez rare pour être noté. Habituellement les expertises et les discussions de chacun sont souvent cantonnées à un instrument et chacun s’exprime pour montrer ses recherches, ses savoirs et savoir-faire devant ses pairs . Ce qui est plus rare, c’est d’écouter, de s’intéresser et d’échanger avec les autres spécialistes et musiciens d’autres instruments à vent. Les collectionneurs des bois s’intéressaient aux cuivres et inversement… alléluia !
Ainsi nous avons eu des exposés sur les flûtes, clarinettes, hautbois, saxophones, trompettes, ophicléides, cors, bassons, le Basson solo de l’Opéra nous a expliqué comment le basson français avait stagné voire « régressé » (question existentielle pour certains) alors que les autres instruments continuaient à évoluer et qui nous a fait part de ses recherches. Un de nos membres facteur d’ophicléides qui continue ses recherches nous a montré un piston innovant devant une assemblée admirative de sa créativité…. 
Et puis un des invités d’honneur, le président d’une association suisse proche de l’ACIMV, nous a subjugué par la méthodologie de classement de sa collection de flûtes anciennes avec fiches rationnelles et précises (il est suisse !) de son catalogue avec illustrations musicales de pièces d’époque et du pays pour chaque instrument…  Son travail exemplaire a interpellé beaucoup de collectionneurs !
 
Ulrich Halder, flûtiste collectionneur passionné
et passionnant.

* Ce fut une ambiance passionnée : la concentration de passionnés individuels, mutualisant leurs connaissances dans une joyeuse ambiance…. aurait semblé à une personne extérieure non initiée et avertie comme un groupe de personnes un peu bizarres parfois un peu obsessionnels… avec des souvenirs et anecdotes sur des collectionneurs, des musiciens et des instruments rencontrés, des expériences de collectionneurs montrant l’acquisition de quelques trésors, chacun soufflant et commentant…
On a même frisé les crises cardiaques : il fallait voir la tête de François, lui qui connaît pratiquement tout de la dynastie Thibouville , vivant dans leurs maisons, découvrant « la polka des Thibouville » inconnue de tous pour orgue de barbarie, quant à mon ami René, il était en extase devant une flûte Bühner et Keller avec poinçons d’argent sur les clés venant de Suisse et qui manque à sa collection et qu’un bon flûtiste fit sonner…. moi même je bavais devant une clarinette Raver de Bordeaux que Denis arrivera bien un jour à me vendre, pendant que la sérieuse Nuria dessinait sur son cahier les mesures d’une Ténora Thibouville pour ses recherches universitaires etc…

* Ce fut aussi parfois administratif et formel avec l’assemblée générale de l’ACIMV ou René a pu enfin après 20 ans de bons et loyaux services et de cotisations payées accéder au pouvoir en intégrant le bureau prestigieux de l’ACIMV.

* Ce fut aussi la confrontation d’approches et pas seulement d’idées et de connaissances  notamment celles des collectionneurs-musiciens (plus attirés par les aspects esthétiques et historiques des facteurs) et celle des musiciens-collectionneurs (attirés par la réparation voire la restauration pour jouer avec leurs merveilles). Au hasard, d’autres questions comme doit-on démolir la cohérence d’une collection qui a demandé toute une vie et la refaire tourner par le biais des enchères ou la léguer à une institution intéressée ou à un autre collectionneur ami ? etc…. Ce qui m’amusait personnellement, c’était d’entendre des apartés, des débats sur les questions récurrentes et fondamentales soulevées dans la psychologie des collectionneurs que j’avais analysée il y a quelques années. 
En résumé une rencontre réussie en tous points et qui restera dans les mémoires de ceux qui ont participé.  Vivement la prochaine fois en espérant qu’on n’attende pas 10 ans !  
Assemblée générale de l'ACIMV.
La question suisse posée lors d’un repas : (mais dans le brouhaha de multiples discussions simultanées où les décibels étaient proportionnels à l’alcool ingurgité, peu ont entendu la question)
Quelle est  l’origine du mot cor anglais ?  Quizz

1°) cor anglais car juxtaposition des mots cor et anglais, son pays d’origine l’Angleterre.
2°) cor anglais car juxtaposition des mots cor et angle (en français) et il y a eu  déformation du mot.    
3°) cor anglais car juxtaposition des mots cor et ange (Engelich en allemand déformé en English ), autre déformation du mot par ces français incorrigibles.
Après tirage au sort, le gagnant (car vous aurez tous trouvé) aura un numéro spécial de la revue en allemand de l’association suisse GEFAM (facile en plus il y a un indice dans la question).

PS : Compte rendu écrit en écoutant la musique de JM Hotteterre (figure emblématique du lieu de notre séminaire) joué par le flûtiste baroque Philippe Allain-Dupré présent à ce séminaire.



Pour plus de précisions ci joint la liste des noms et qualités des intervenants et des interventions et prestations :

François Camboulive : notre hôte, collectionneur notamment des instruments de la Couture /Ivry
Exposé : présentation de quelques pièces de sa collection et de sa démarche de collectionneur

Maurice Vallet : infatigable guide des usines Buffet Crampon à Mantes
Exposé : la visite de l’usine

Alain Girard : collectionneur et spécialiste suisse du hautbois ancien
Exposé : présentation de son livre sur l’Aérophor, et sur les hautbois notamment Boehm

Jérome Wiss : collectionneur de cuivres et facteur
Exposé : présentation de ses recherches sur un ophicléide et analyse de pistons spéciaux

Frédéric Courquin et Denis Watel clarinettistes professionnels et collectionneurs surtout de clarinettes
Prestation : duo de clarinettes basses et contrebasses

Guy Laurent commissaire priseur à Vichy et René Pierre collectionneur et saxophoniste de jazz
Exposé sur la création d’une base de données des poinçons français de clés en argent

Nuria Bonet compositrice de musique contemporaine et universitaire :
Exposé sur la Ténora et le Tible catalan

Denis Watel : clarinettiste basse, professeur et collectionneur
Exposé : ses recherches actuelles sur Saget, un facteur bordelais de clarinettes et créateur de bien d’autres choses

Jean François Picard : collectionneur et facteur de cuivres
Exposé : présentation d’instruments (serpents , ophicléides, tubas…)

Denis Belières et Paul Carré : collectionneurs de bois
Prestation : mini concert flûte du 18ème siècle de Prudent et basson.

Fred Couderc : saxophoniste professionnel et collectionneur
Exposé comparatif avec illustrations musicales de différents saxophones anciens

Elodie Biteau : du département de l’ Eure missionnée pour des recherches sur les documents liés aux facteurs
Exposé : visite de la Couture-Boussey des lieux où ont travaillé et vécu les facteurs  locaux

Laurine Millet : Médiatrice culturelle du musée
Exposé :présentation des expositions temporaire et permanente du musée de la Couture.

Pascal Gresset : flûtiste professionnel.
Exposé : sur les flûtes anciennes et présentation de la revue "Tempo flûte" et qui réalise actuellement un travail sur les concerts Lamoureux et Roger Bourdin cher à notre cœur.

Nicolas Pinard : bassoniste professionnel soliste de l’Opéra de Paris
Exposé sur le basson français et la problématique du musicien-collectionneur

Philippe Allain-Dupré : flûtiste baroque professionnel et facteur
Exposé sur les Cromornes et réalisant de nombreux essayages de flûtes au cours de ces journées

Ulrich Halder : Président de la GEFAM, association sœur suisse, flûtiste et collectionneur
Exposé : méthodologie exemplaire d’un collectionneur rigoureux et passionné

Jean–Daniel Souchon : trompettiste (militaire à la musique des troupes de marine et professeur) et collectionneur de trompettes
Exposé : sur quelques trompettes anciennes

Laurent Madeuf trombone solo à l’ODIF, Pierre Turpin corniste à l’Opéra de Paris, et Pierre Yves Madeuf corniste à la musique des gardiens de la paix tous musiciens professionnels nous ont ébloui avec un concert de cuivres pour clôturer nos rencontres avec la participation ponctuelle de JD Souchon trompette.


Frédéric Gondot altiste à l’orchestre national de l’ile de France  (orgue de barbarie et un instrument bizarre le Stroviole + chant (paillard) nous démontrera que la virtuosité des musiciens classiques de haut niveau peut s’allier à l’humour…. 

Si vous voulez vous joindre à nous, il suffit d'adhérer à l'ACIMV.....pour une somme dérisoire!!!!





lundi 25 septembre 2017

"Frédéric Eléanor Godfroy, fils de Clair II Godfroy, facteur de flûtes et inventeur d'un nouveau ressort en 1834". "Frederic Eléanor Godfroy, son of Clair II Godfroy, woodwind maker and inventor of a new spring system in 1834".

En visitant la collection de François Camboulive, j'ai découvert une flûte (parmi tant d'autres) qui "m'a interpellé"et comme François m'a autorisé à en faire un article j'en profite. Merci à lui pour sa générosité.
Cette flûte est une "Godfroy"....comme on dit classiquement, avec un système de ressort particulier. Cela tombe bien, cette famille de facteurs a été particulièrement bien étudié par Tula Giannini dans un ouvrage très documenté : "Great Flute Makers of France. The Lot and Godfroy Families, 1650-1900".
Et comme en plus je suis en train d'essayer de répertorier les flûtes des facteurs de cette famille, pour essayer de comprendre "qui a fait quoi?" et "cette flûte, elle a été faites par le père ? Le grand père ? Ah le fils....mais lequel ? en quelle année ? Et oui, il y a des numéros.....Bref malgré Tula Giannini, ce n'est pas simple.
Alors, comme d'habitude si vous avez des flûtes portant la marque Godfroy, merci pour les photos. Je ferai un article sur ce sujet vers la fin d'année.
Description de la flûte.
Au premier coup d'oeil, il s'agit d'une classique cinq clés en palissandre, baguée en ivoire, sans barillet.
Flûte B69 collection Thicam.
La clé de sol # n'a pas une forme classique.
Mais surtout quatre clés sur cinq sont munies d'un système particulier de ressorts.



  C'est une vidéo.

Nous n'avons jamais rencontré ce système de ressorts.
Ressort circulaire et picot.
Lorsque l'on démonte la clé, le système ce compose d'un ressort circulaire (comme dans les matelas), un picot, tout cela installé dans une partie ronde creusée dans le bois de la flûte.
Emplacement du ressort circulaire.
Le ressort est mis en place.
Ressort et picot en place.
A remarquer la forme du picot.
Seules quatre clés sur cinq sont munies de ce système, la clé de Si b comporte un ressort classique sans doute parce que le nouveau système était moins efficace (sur une clé longue) qu'un ressort plat ? D'ailleurs on peut deviner les inconvénients de ce nouveau systéme lorsque l'on constate que la clé de sol # a dû être orienté dans la longueur de la flûte et non comme habituellement avec une clé de sol # s'enroulant autour de la flûte.
Clé de sol # dans l'axe de la flûte.
Sans doute parce que, avec ce système, le basculement de la clé est plus compliqué sur une partie bombée que sur une partie plane. D'ailleurs la clé de fa est très courte et retravaillée au niveau de la spatule pour favoriser un bon basculement.
Clé de fa.
Même si l'idée était astucieuse, on imagine tout de suite les difficultés d'application de ce nouveau système. D'oû un échec prévisible.
L'inventeur : Frédéric Eléanor Godfroy.
Dans la famille Godfroy il y a au moins 8 facteurs connus et en plus la marque que porte cette flûte n'est pas courante.
Marque de la flûte.

Arrêtons ce suspense "torride" : Il s'agit de Frédéric Eléanor Godfroy né le 6 janvier 1805 à Paris, fils aîné de Clair II Godfroy (1774-1841) qu'il avait eu avec sa première femme Madeleine Letellier (1781-1808).
Pour mieux comprendre voici la généalogie de la famille Godfroy (ou Godefroy).

Désolé je n'arrive pas à faire en sorte que cette feuille s'affiche en plus grand. Si vous voulez la lire envoyez moi un mail à mon adresse : René PIERRE et je me vous l'enverrai.

Il a sans doute appris la facture d'instruments à vent avec son père avant de s'installer à son compte, vers 1827 au 133 rue Montmartre. Spécialiste de la flûte, il fabriquait aussi d'autres instruments (clarinettes, flageolets, fifres...) ; sa marque "F.E en écriture cursive/ Godfroy aîné dans un ovale de pointillés (ou sans ovale) /étoile à 5 branches coupées ou non".
Première marque de Frédéric Eléanor Godfroy de 1827 à 1831.
Marque identique mais sans cercle de pointillés et avec
une étoile à 5 branches avec pointes non coupées.
En observant les nombreux instruments de ce facteur, conservés au musée de La Couture-Boussey, il semble que la marque, sans pointillés et avec l'étoile à cinq branches non coupées, beaucoup plus rare soit en fait la première marque vers 1827. La seconde beaucoup plus fréquente correspond sans doute à une période beaucoup plus active et plus longue. 
On peut se poser la question sur l'origine des instruments de ce facteur. Il n'est pas question de remettre en cause sa qualité de fabricant, en revanche les nombreux instruments que possède le musée de la Couture-Boussey provenant de la Couture, notamment  des fifres, des clarinettes, des flûtes simples en buis nous font dire que F.E. Godfroy se fournissait en instruments courant dans les ateliers couturiotes. D'ailleurs nous pouvons confirmer cette hypothèse grace à deux flûtes de la collection Thicam dont les clés en argent portent des poinçons classiques des ateliers de la Couture.
Flûte à 5 clés en argent avec poinçon
papillon V et poinion de J.C. Carpentier.
(Collection Thicam GO1)
Les poinçons d'argent ne constituent pas une preuve absolue (on m'opposera classiquement qu'il pouvait se fournir en clés à La Couture), mais l'ensemble de ces points (caractéristiques, provenances des instruments du musée, poinçons d'argent) renforcent cette hypothèse. D'ailleurs ce phénomène est courant même pour des facteurs plus importants et même d'autres membres de la famille Godfroy dont les clés d'instruments portent alternativement des poinçons parisiens ou des poinçons de La Couture. Mais nous aurons l'occasion de revenir sur ce sujet dans notre "dictionnaire des poinçons d'argent trouvés sur les instruments de musique". (A paraître)

A partir de 1831 il remplace "Ainé" par "Fils" avec l'étoile à 5 pointes coupées.
Troisiéme marque à partir de 1831 à 1834-35.
Il participe en 1834 à l'exposition de Paris, pour la seule et unique fois ; le jury ne fera aucun commentaire sur les instruments présentés. Cette même année il déposera le 30 avril une demande de brevet de cinq ans, qu'il obtiendra le 22 août pour son système de ressort circulaire.
Texte du Brevet de 1834. (Source INPI)
Signature de F. E. Godfroy en 1834.

Une autre flûte munie de ce système est signalée dans l'ouvrage de T. Giannini : instruments à 9 clés en argent (j'aimerais voir les poinçons) en palissandre, bagues larges en argent portant le numéro 199 dans une boîte datée du 1er août 1835. Si vous en êtes l'heureux propriétaire manifestez-vous.
Flûte 9 clès.
Col. Privée
Il est difficile de voir sur ce scan les clés munies de ressorts circulaires. Donc à partir de 1834, il change sa marque pour y ajouter breveté et remplace ses initiales par un caducée.
Patte de la flûte collection
Thicam.
Son activité se ralentira progressivement jusqu'à son mariage le 26 septembre 1844, avec la soeur de son beau-frère, Elisabeth Joséphine Jeanne Mojana née à Amsterdam en 1781.
Tula Giannini dans son livre consacré aux familles Godfroy et Lot, se pose la question : "Pourquoi s'arrêta-t-il à 39 ans, pour devenir rentier en épousant une femme née la même année que sa mère ?"Je vous laisse répondre à cette question.
Votre avis : SVP ?
Le musée de la musique de la Couture-Boussey attribue cette marque à Frédéric Eléanor Godfroy. Qu'en pensez-vous?

Marque d'une clarinette du musée de La Couture-Boussey.