dimanche 15 janvier 2017

Hyppolite COLLIN père et fils luthiers et marchands d'instruments de musique à Paris. Hyppolite COLLIN father and son stringed-instrument makers and traders of musical instruments in Paris.

Lorsque nous avons réalisé notre article sur la famille Darche, nous avons évoqué également le luthier parisien Hyppolite Collin, mais tout était confus et nous n'avions pas résolu les problèmes de filiation entre les deux familles. Lors d'une rencontre au musée de la musique nous en avions parlé avec Thierry Maniguet, conservateur au musée qui a eu la gentillesse de nous transmettre le travail qu'il avait réalisé pour illustrer les dossiers du musée concernant ce luthier. Qu'il en soit ici remercié. 

Étiquette d'une guitare.

Claude Hyppolite Collin est né le 13 août 1766 à Suippes, petite commune de la Marne située entre Reims et Chalons en Champagne. Son père était teinturier dans cette ville ; il a été formé à la lutherie comme la plupart des luthiers à Mirecourt dans l'atelier de Charles François Vuillaume (1751-1810) grand père du grand luthier Jean Baptiste Vuillaume (1798-1875). Présent à Paris dès 1791, date à laquelle il épouse Jeanne Françoise Marchal (1772-1801), il est spécialisé dans la fabrication de guitare.
Cliquez sur l'image pour agrandir et voir la généalogie de la famille Collin.
Il a du joué un rôle actif pendant la révolution car en avril 1795 il était "agent comptable de l'atelier d'armes" au 59 rue du Chantre et dénoncé comme terroriste en mai 1795. Défendu par l'agent du comité des poudres et armes, il est arrêté et incarcéré le 24 mai 1795. Il sera libéré un mois plus tard le 28 juin 1795 et "réarmé" le 27 septembre 1795.
D'après "Répertoire du personnel sectionnaire parisien en l'an II".
Albert Soboul et Raymonde Monnier.
En octobre 1795 le directoire s'installe : la révolution est terminée. Il est temps pour notre luthier révolutionnaire de passer à autre chose. Le 26 mai 1797 né son fils Jean Baptiste Hyppolite Collin (qui s'installera comme luthier et dont la belle fille épousera Jean Nicolas Darche et qui nous a donné quelques soucis dans notre premier article....Il faut suivre), puis ce sera au tour d'Eulalie Nicole Aimée Collin née le 25 juillet 1799. Il y aura une deuxième fille : Jeanne Nicole Collin dont je n'ai pas trouvé la date de naissance mais qui sera présente en 1831 lors de l'inventaire de la demeure de son grand père. Elle restera célibataire......Pour en terminer avec cette première partie de généalogie familiale, sachez que Jeanne Marchal, première épouse de Claude Hyppolite est décédée à 28 ans le 2 avril 1801 à Paris.
Guitare de Claude Hyppolite Collin vers 1820 . (Siccas Guitare)
Claude Hyppolite Collin était installé dès 1799 rue des Fossés Montmartre comme luthier et fabricait principalement des guitares. Comme nous l'explique Daniel Sinier et Françoise Ridder dans leur ouvrage référence sur la guitare les instruments de Claude Hyppolite Collin son d'une facture très soignée et d'une grande qualité.
Étiquette d'une guitare réalisée vers 1795 et modifiée en 1811
de Claude Hyppolite Collin. (Collection Sinier de Ridder)
Guitare de 1811.
Tête de la guitare de 1811.
Guitare attribuée à Collin vers 1790 et ayant appartenue à
Alexandre Pollet (1748-1824) guitariste compositeur.
(Ventes Vichy 12 2016)
Détail de la guitare de Collin vers 1790.
Claude Hyppolite Collin veuf, se remarie à Apremont le 18 novembre 1806 avec Catherine Cléret (1783-1837) ; ils auront ensemble trois enfants : Mathias Eugéne (1808-1888), Caroline Sophie née vers 1806 et Bathilde née en 1812. A partir de 1810 il apparaît sur le Bottin comme "Marchand luthier", c'est sans doute vers cette période qu'il va se diversifier.
En 1822 il se déclare facteur d'instruments à vent, luthier et marchand en tout genre......

A partir de l'inventaire de décès de Claude Hyppolite Collin réalisé le 11 juillet 1831 par maître Charles Godot (Archives nationale de France) nous allons essayer de voir comment il vivait. Tout d'abord il a toujours exercé son métier à la même adresse "N°7 rue des Fossés Montmartre, près la place des Victoires" (aujourd'hui rue d'Aboukir dans le 2ème arrondissement de Paris).
Rue d'Aboukir vers 1900.

Il habitait avec sa seconde femme et les trois enfants de son second mariage un appartement de quatre pièces (plus une pièce au quatrième étage sans doute pour une domestique) à l'entresol derrière la boutique d'instruments de musique: "Cuisine avec fenêtre sur rue, une salle à manger avec fenêtre sur rue, chambre à coucher des parents avec fenêtre sur rue, chambre des "demoiselles" avec fenêtre sur cour, chambre à coucher de "Mr Collin fils" avec fenêtre sur cour. L'inventaire de l'appartement montre qu'ils vivaient aisément. Mais le plus intéressant de cet inventaire est celui réalisé dans le magasin par Jean François Alric (1765-1843), luthier à Paris au N°71 rue de Seine et Antoine François Désiré Paridaens, fabricant d'instruments en cuivre, passage Brady N°45. 
Le magasin était situé au rez de chaussée éclairé sur la rue par une porte en châssis vitrée. Il y avait un grand comptoir avec des tiroirs, une grande banquette couverte de basane verte, une grande glace, deux châssis vitrés, un rayon en bois garni de trente trois tiroirs avec un dessous vitré avec rayonnages, des rayons et un grand poêle de fayence.
Cliquez sur le tableau pour l'agrandir.
Inventaire aprés décés de Claude Hyppolite Collin en 1831.

Ophicléide portant la marque d'Hyppolite Claude Collin.
(Musée Grasset de Varzy)

Cliquez sur la photo pour agrandir cette page sur la suite de l'inventaire.
On pouvait lire dans le Bottin en 1825 : "Hyp. Collin, magasin en tout genre, fournit spécialement la musique militaire et les négociants pour les colonies, N°7 rue des Fossés Montmartre".
Basson russe portant la marque C. H. Collin
sans doute fabriqué par Coeffet à Gisors.
Musée de la musique de Paris.

La plupart des instruments type serpents, bassons russes vendus par Collin ont été fabriqué par Jean Baptiste Coeffet qui habitait à cette époque Chaumont en Vexin et par Forveille, fabricant de serpents au N°16 rue de la cerisaie, puisque dans l'inventaire on peut voir les comptes qui existaient avec tous les fournisseurs de Collin.
Cliquez sur ce lien pour lire notre article sur Jean Baptiste Coeffet.
Et si vous voulez vous documenter sur le serpent :
Pour les cuivres classiques il est plus difficile de dire qui était fournisseur de Collin, peut être Parideans qui était facteur de cuivres, mais plus connu comme revendeur, peut être Courtois.......où alors faisait-il travailler plusieurs ouvriers externes qui assemblaient les différentes parties des instruments (pavillons, tubulures, pistons fabriqués par d'autres fournisseurs) ? Il y avait dans l'inventaire "un livret écrit contenant les comptes courants de toutes les personnes avec lesquelles Mr Collin faisait des affaires et des ouvriers qu'il faisait travailler". 
Bugle à clès de C.H. Collin.(Musée de Bruxelles)

Cornet à deux pistons de C.H. Collin. (Collection R. Charbit)
Cliquez sur le document d'inventaire pour l'agrandir.
Au niveau des cordes C. H. Collin devait travailler avec les ateliers de Mirecourt car on trouve des comptes dans l'inventaire avec : Husson et Duchéne, "Dépôt de leur fabrique à Mirecourt, violons, basses, archets, guitares, serinettes,orgues à manivelle et à toucher, dépôt de cordes de Naples, instruments à vent et en cuivre, N°15 rue Grenetat", Grobert aîné : " magasin de toute sorte d'instruments, dépôt des articles de Mirecourt, N°166 rue Saint Denis",  N.A. Lété, dépôt de sa fabrique de Mirecourt et d'instruments en tout genre, 
N°37 rue Meslay",  mais aussi avec des luthiers de Mirecourt en direct comme Antoine Henry, mais aussi avec des luthiers parisiens comme Aldric. Il proposait également des orgues sans doute venant de Mirecourt (Lété ou Husson Duchêne), mais aussi de la Maison Alexandre.
1830 dans le Bottin "Collin, magasin en tout genre, composition complète de musique militaire, facteurs d'instruments à vent, flageolet à nouveau procédé, harpes, orgues pour faire danser ". 
Flageolet d’Hippolyte Collin  « à nouveau procédé ». Dayton Miller Collection
Cliquez sur le document pour agrandir.
Clarinette à six clés rondes portant la marque de Collin.
Collection de William Rousselet
Les instruments à vent en bois provenaient de La Couture Boussey et plus particulièrement des ateliers de Godfroy Aîné, Hérouard, Noë Frères, Thibouville, Leroux avant leurs installations à Mirecourt....Buffet Aîné, Buffet Jeune à La Couture. (Tous ces facteurs sont cités comme fournisseurs dans l'inventaire).

Pour mieux connaître la famille Leroux de La Couture et de Mirecourt, cliquez sur ce lien.

Et si vous voulez tout savoir sur la famille Buffet, cliquez sur celui-ci.
Cliquez sur le document pour l'agrandir.
Claude Hyppolite Collin décède le 18 juin 1831 à l'âge de 64 ans. Lors de l'inventaire après décès qui à lieu le 11 juillet 1831, ses six enfants sont là.
Claude Hyppolite Collin, clarinette d'amour en sol à 6 clefs vers 1810
(Us-Ma-Newton Center)

Son fils Jean Baptiste Hyppolite Collin (1797-1879) né de son premier mariage s'était installé comme luthier et marchand d'instruments vers 1827 au N°9 rue de Clery où il exerça indépendamment de son père jusqu'en 1838 ; il avait sans doute profité de la somme de 1000 frs que son père lui avait remis en 1826 pour son renoncement au droit successif de sa mère Françoise Marchal.
Marque de Jean Baptiste Hyppolite Collin le fils.
Jean Baptiste Hyppolite Collin avait épousé en 1826 une veuve Joséphine Marthe Lefort (1799-p1879) épouse de Mayeul Kaindler décédé en 1825. C'est ici que nous avons résolu le "mystère" de la succession de la Maison Collin reprise par Jean Nicolas Darche (1806-1885). En effet on peut lire dans le Bottin en 1838 : "Darche gendre et successeur de Collin, fabricant en tout genre, dépôts de violons, orgues et guitares de Mirecourt, fournisseur des théâtres et concerts, N°7 rue des Fossés Montmartre".
En fait Jean Nicolas Darche à bien épousé la fille d'Hyppolite Collin....Mais pas la fille de Claude Hyppolite (le père) mais la fille de Jean Baptiste Hyppolite Collin (le fils)....Mais en fait Alexandrine Elisa Kaindler (1819-1836) n'étais que la belle fille de J.B. H Collin puisque née du premier mariage de Marthe Lefort. Cette malheureuse décéda à 17 ans (1836 l'année de son mariage) lors de l'accouchement de leur premier enfant qui décéda également. Donc Darche est bien le gendre de Collin (le fils).
Après le décès de Claude Hyppolite Collin (le père) en 1831, la Maison Collin fut reprise par sa veuve Catherine Cleret qui continua d'exploiter ce commerce jusqu'à sa mort en 1837, date à laquelle Nicolas Darche racheta l'affaire et en même temps repris l'activité de son beau père (Collin fils) de la rue de Clery. Darche est bien le successeur d'Hyppolite Collin (le père)......Ouf c'est fini, c'est compliqué les histoires de famille.



dimanche 8 janvier 2017

Musique et clarinettes militaires du XIXème siècle (de 1835 à 1870).

 Par José-Daniel Touroude

A  travers 3 clarinettes militaires de ma collection nous abordons la vie mouvementée de leurs régiments.

 1. La musique militaire est intimement liée à la vie militaire.

La musique militaire a toujours accompagné les soldats et cela dès l’antiquité. En France dès 1762 la première musique militaire composée de 16 musiciens est créée par De Biron puis s’étend à tous les régiments d’infanterie en 1766. Cette obligation royale est fondamentale car elle entraîne une demande d’instruments et de musiciens très importante. D’ailleurs la clarinette et le cor y ont font leurs entrées et cela va doper la facture d’instruments à vent. Le capitaine Bernard Sarrette lors de la révolution de 1789 fonde la musique de la garde nationale (qui est gratuite) et qui deviendra le conservatoire de musique de Paris. (Anecdote musicale sur Sarrette face à  Robespierre dans le quizz cf. lien)
Bernard Sarrette par Isabey.
Le quizz avec l'anecdote sur Sarette.

Les régiments ont donc tous une musique (1000 clarinettistes sous Napoléon 1er) plus ou moins élaborée basée sur les réflexes pavloviens mais qui ont plusieurs fonctions : 1°) rythmer la vie militaire dans le quotidien appelée musique d’ordonnance : le réveil, les repas (la soupe), les rassemblements, l’extinction des feux…), 2°) commander les troupes dans les combats (au début c’était pour faire du bruit et faire peur puis rapidement pour donner des ordres dans la bataille lors des moments clefs : rassemblement, en avant, chargez, feu, cessez le feu, retraite…), 3°)  accompagner les cérémonies (honneur aux drapeaux, aux morts, accueils de personnalités, prises d’armes, messes militaires, célébrations de triomphes, anniversaires divers…). Si vous voulez entendre toutes ces musiques militaires… (cf le site interactif de théatrum belli). Pour vous rappeler votre service militaire écouter ces sonneries.
La musique est omniprésente, souvent simple, elle possède un rôle social, intégrateur facilitant le lien entre les différentes régions et classes sociales de la République, créant un esprit d’équipe (chants communs), une cohésion sociale du groupe avec un répertoire de musiques identifiées (chant de marche, chant du régiment beuglé tous les jours, chansons de détente nostalgiques voire poétiques, chansons à boire paillardes qui permettent d’être soudés aussi bien dans le combat que pour tromper l’ennui du casernement, les réjouissances étant rares. Les chants sont appris et répétés pour créer un fonds culturel commun dès le début des classes pour les conscrits qui sont pour la plupart analphabètes et qui ne connaissent pas bien sûr la musique. La transmission du répertoire était uniquement orale,  par répétitions, « à l’oreille ». La musique militaire est très variée , reprenant des musiques existantes connues «civiles» et des chants plus spécifiquement militaires. Ainsi les soldats répètent les chansons populaires du XVIIIème siècle qui  accompagnent les longues marches (« sur la route de Louviers », « Auprès de ma blonde », « Malbrough s’en va en guerre », « Cadet Rousselle » « trois jeunes tambours »…   et qui ont été chantées pendant deux siècles ! Il y a toujours eu une tradition d’emprunt à des chants populaires par les soldats et ces chants et musiques varient avec le temps. Mais Chaque régiment possède aussi ses chants spécifiques (« Au trente et un du mois d’août » pour la marine la «Royale» , les chants spécifiques de la légion étrangère…)

Il y avait aussi les chants révolutionnaires, politiques et guerriers. De nombreux grands compositeurs ont crée des musiques militaires à commencer par Lulli et Couperin qui firent les premières marches militaires pour les armées de louis XIV. N’oublions pas que notre hymne national «la Marseillaise» est un chant militaire révolutionnaire (contrairement à beaucoup d’autres pays) mais aussi les populaires « ça ira, ça ira », « le chant du départ », « Sambre et Meuse » …Il y avait aussi les chants de distraction pour le bivouac afin de se détendre, chansons nostalgiques, chansons à boire, chansons paillardes populaires dans la tradition des fêtes paysannes rabelaisiennes qui donneront plus tard les musiques des comiques troupiers (le fameux « boire un petit coup c’est agréable » venant du Canada au XIXème siècle : c’est vrai qu’il faut se réchauffer à Quebec !) , et bien sûr « Fanchon » la chanson culte qui accompagna toutes les armées durant le XIXème siècle. Tous ces chants et musiques permettent de surmonter l’ennui et les épreuves de la guerre, voire redonner le moral (et encore plus pour les prisonniers de guerre pour faire oublier la détention ou pire.)  


     2 . La diffusion et la notoriété des instruments à vent sont intimement liés à la musique militaire.

Mais les musiques militaires ne sont pas seulement basiques avec roulement de tambour et cuivres et une troupe chantant des airs divers. Rapidement elle va de plus en plus se doter de véritables orchestres avec l’aide de la plupart des instruments à vent. Certains régiments possédaient des orchestres militaires de qualité qui permettaient de valoriser le régiment par des défilés de prestige (avec des uniformes seyants et chamarrés),  exécuter de beaux concerts publics régulièrement qui amélioraient les  relations publiques  avec l’environnement, voire faire des tournées ou participer à des manifestations importantes (hymnes nationaux pour l’accueil d’un chef d’état étranger, manifestations protocolaires…). La musique des équipages de la flotte fut le plus ancien orchestre militaire. (hommage au talentueux Désiré Dondeyne). Ainsi dans ces années 1830-1870, ces concerts sont nombreux, gratuits et admirés et nul doute que nos 3 clarinettes, objet de cet article, y ont participé régulièrement.
Défilé des grenadiers de la Garde aux Tuileries en 1810 par Hyppolyte Béllangé. 
3. Le rôle social et culturel de la musique militaire.


Les occasions d’entendre de la musique pour le peuple à cette époque est relativement rare. Bien sûr il y avait la musique religieuse (grégorien, cantiques, messes et l’orgue), et lors des festivités la musique de danse par des musiciens de rue ou de village de faible qualité, et enfin la musique militaire, qui était d’un tout autre niveau, dans les villes de garnisons. Ces bons musiciens en orchestres interprétaient aussi des airs d’opéra, de musique classique, ou d’opérettes, des valses, des chansons à la mode orchestrées avec talent et offraient ainsi gratuitement des concerts et une culture musicale pour tous. Par des défilés entraînants et de nombreux concerts, la musique militaire créait un lien social entre les militaires et la société de la ville qui l’hébergeait. Elle contribuait ainsi à inculquer une culture musicale au peuple avec un répertoire varié allant par exemple de l’incontournable air martial des trompettes d’Aïda de Verdi (1872) à la chanson nostalgique « Plaisir d’amour » vieille chanson de 1785 toujours actuelle ! Le peuple à l’époque ne pouvait jamais aller dans les salles de concert payantes des élites aisées. Issus du peuple, les musiciens militaires jouaient pour le peuple avec des instruments en plein air.  Mais pour assurer un répertoire varié et de qualité les musiciens militaires furent de plus en plus choisis parmi les meilleurs et  ainsi le musicien sorti du conservatoire avait un travail assuré.

3. La professionnalisation des musiciens militaires.
Les armées se fournissent alors parmi les meilleurs facteurs et souvent être lauréat d’une exposition nationale ouvrait la possibilité d’avoir des commandes des marchés publics  (listes restreintes habilitées à présenter leurs offres) aussi bien pour les conservatoires et écoles de musique publiques que pour l’armée. (C’est le cas pour nos 3 facteurs de clarinettes exposées). L’armée française est grande consommatrice d’instruments à vent, la plupart des régiments ayant une fanfare (cuivres et percussions) mais aussi une  harmonie (fanfare + les bois).
En 1836, la professionnalisation se renforce : diapason fixé, utilisation du métronome, liste des partitions officielles constituant un répertoire, rangement des instruments dans des étuis et boites, attribution d’un facteur par musique de régiment pour réparer les instruments, concours sélectifs difficiles pour entrer, chef de musique compétent...Si l’armée achetait des bons instruments, c’est que l’armée recrutait et recrute toujours parmi les meilleurs instrumentistes à vent (garde républicaine, musique de la flotte, musique de l’armée de l’air etc….). Ces musiciens assurent des services régulièrement et exécutent des concerts de prestige mais jouent aussi dans les meilleurs orchestres symphoniques, enseignent dans les conservatoires. Ceci est toujours vrai aujourd’hui et certains même sont connus comme «requins»  dans les studios  d’enregistrement de disques de variétés.
Après la défaite de 1870, date fondamentale car les musiques des régiments chutèrent rapidement, des centaines de bons musiciens furent démobilisés et continuèrent  dans la musique civile de plein air. Ainsi  les harmonies municipales civiles deviennent fort nombreuses, calquées sur les musiques militaires (voire paramilitaires avec leurs uniformes, marchant au pas…) Elles reprennent le flambeau (défilés, manifestations diverses, concerts dans les kiosques…), pérennisent le succès des instruments à vent et continuent à éduquer gratuitement le peuple à la pratique des instruments à vent et à la culture musicale dans des villes et campagnes (beaucoup d’entre nous ont commencé ainsi et non des moindres !)
Si vous agrandissez la photo vous pourrez reconnaître, le grand père,
le père, et la tante de René Pierre vers 1925 dans l'harmonie
la Renaissance de Woippy près de Metz.
Enfin les meilleurs musiciens continuent dans les orchestres de musique classique et font progresser le répertoire des instruments à vent grâce à leur virtuosité.  Ces instruments à vent, moins chers et plus faciles à maîtriser, ont aussi une connotation sociale plus populaire (surtout la clarinette) par rapport aux cordes et au piano réservés aux classes sociales aisées. Les harmonies municipales civiles sont essentielles jusqu’à l’arrivée des disques, radio, TV …. Qui vont banaliser et généraliser la musique sous toutes ses formes en continu. Mais les instrumentistes à vent vont se généraliser en dehors de l’orchestre militaire et les harmonies surtout dans la musique populaire variée (d’où le nom de variétés) puis plus tard dans le Jazz et toutes sortes de musiques de danse qu’ils vont devenir incontournables. 
3. Analysons 3 clarinettes militaires de 3 grands facteurs : Tabard, Buffet Crampon, Guerre 

Dans ma collection j’ai des clarinettes avec des numéros militaires de régiments prestigieux qui ont participés à des batailles communes (entre autres la conquête de l’Algérie (1830-47), la guerre de Crimée dont Sébastopol (1855), la campagne d’Italie dont Solferino (1859), la défaite à Sedan (1870.) puis après une vie mouvementée, et plein de cicatrices elles se reposent enfin chez un collectionneur ! Les régiments avaient l’habitude de marquer leurs instruments et cette marque disgracieuse est pour les collectionneurs bien pratiques pour connaître la traçabilité de l’instrument. Les facteurs mettaient rarement les dates de fabrication sur leurs instruments. Par contre l’armée a toujours aimé identifier et classer armes, vêtements, instruments divers…


A. JB Tabard père : clarinette Sib en buis, 6 clés laiton, bagues ivoire, datée de 1835 ayant appartenu au 33ème RI.

Le facteur : Jean Baptiste Tabard (II) père : est né à Lyon en 1779. Formé dans les différents ateliers lyonnais il est d’abord ouvrier luthier en 1809, puis tourneur en métaux et mécanicien en 1811, avant d’épouser en 1812 Emilie Reyne Simiot (1794-1875) la fille du célèbre facteur de clarinettes Jacques François Simiot (1769-1844). Associé avec son beau-père de 1812 à 1815, il prend son indépendance vers 1817 et fonde au 30 rue Mercière l’entreprise  lyonnaise la plus importante de la première moitié du XIXème spécialisée dans la fabrication des instruments de musique  à vent en bois et en cuivre. A sa mort à 66 ans en 1845 il fournissait les musiques de l’armée  en instruments et employait à cette époque plus de 10 ouvriers. Son fils Jean Baptiste Tabard (III) (1826-1870) n’avait que 19 ans à la mort de son père, trop jeune il ne put continuer de développer l’atelier, même s’il exerçait le métier de facteur d’instruments de musique comme son père.     
Marque Tabard de la clarinette avec
le numéro du régiment et l'année.
La clarinette et sa vie militaire : 







Le régiment :
Le chiffre 33 : prouve qu’elle appartenait au 33ème régiment d’infanterie de ligne basé à Lyon. Le 33ème RI est un régiment auréolé de grandes victoires (Fontenoy, Austerlitz, Wagram…) et a  participé à différentes guerres (notamment la conquête de l’Algérie (1830-1847), la guerre contre les autrichiens en Italie notamment la bataille de Solférino en 1859, la défaite à Sedan en 1870). Plus tard le 33èmeRI fut aussi célèbre, pas seulement pour ma clarinette ! , mais parce que le jeune De Gaulle et Pétain y servirent. La monarchie de Louis Philippe de 1830 à 1848 a connu certes des troubles internes (canuts de Lyon, barricades entre autres) mais fut relativement pacifique à l’extérieur à part la conquête de l’Algérie. Les musiques militaires sous la 2ème république de courte durée et l’empire de Napoléon III ont surtout plus défiler dans les villes de garnison, jouer du Offenbach dans les kiosques des jardins publics que se battre à l’extérieur. (sauf les guerres coloniales comme  au Maroc notamment à Mogador devenue Essaouira, à la guerre de Crimée à Sébastopol…)
Prise de la smalah d’Abdel Kader
(Si vous trouvez le clarinettiste dans cette mêlée vous avez gagné !)
Peut être au niveau du cercle rouge?
La clarinette :
Cette clarinette est classique, de qualité et robuste comme l’étaient les clarinettes en buis et clefs en laiton depuis l’épopée napoléonienne.  La clarinette 6 clés courante sous le 1er empire, a été fabriquée longtemps car d’une part elle était moins chère que la clarinette à 13 clés (cf. catalogue) et d’autre part les clarinettistes étaient encore formés en 1835 souvent avec la clarinette à 6 clés, la pratique de la clarinette  à 13 clés omnitonique d’I. Müller n’étant pas encore très répandue. Cette Tabard reprend la 6ème clef traditionnelle de Baumann do#/sol# sur le corps du haut et non la 6ème clé sur le corps du bas comme le font d’autres lyonnais (Simiot, Sautermeister).







1835 
Si le numéro du régiment n’est guère contestable, une interrogation demeure : la date inscrite est-elle la date de sa fabrication ou de sa vente par le facteur ou de son intégration comme fournitures de l’armée ?  Il peut y avoir une différence de quelques années notamment si c’est un achat d’occasion.  (Je penche plus pour un numéro d’inscription dans l’armée.) Cette clarinette en excellent état (y compris les bagues en ivoire fragiles) a servi pour les défilés et les concerts et non dans les combats (d’ailleurs les musiciens étaient souvent brancardiers). Vite démodée, cette clarinette a été remisée rapidement et vendue après 1870 lorsque les musiques militaires ont été en partie supprimées. Elle a peut être continué à jouer dans les harmonies civiles comme beaucoup d’instruments. Puis retrouvée, elle a été vendue à des antiquaires de Lyon Pick et Boch. Un article existe sur cette clarinette écrit en 2000 par V. Pussiau (revue larigot mars 2000). Achetée aux enchères à Vichy en 2015, elle fait partie désormais de ma collection. 


B. Clarinette en buis 13 clés en laiton de Buffet Crampon :

Le facteur : Jean Louis Buffet né en 1813. Il se marie avec Zoé Crampon, quitte son père Buffet Auger et se met à son compte au passage du grand cerf à Paris en 1842. La clarinette à cette époque est en pleine mutation avec le modèle omnitonique d’Iwan Müller à 13 clés et l’invention du système Boehm qui arrive ! JL Buffet gagne des concours lors des expositions nationales, reconnu par ses pairs et les musiciens, il fournit beaucoup d’instruments à vent (bois) aux conservatoires et à l’armée notamment des clarinettes Sib 13 clés (système Müller simple) en buis, clefs laiton , bagues ivoire  de 1842  à 1850. A partir de 1850 il s’associera avec d’autres facteurs pour créer la marque Buffet Crampon & Cie. Ainsi cette clarinette est facile à dater.













La clarinette et sa vie militaire :

Le régiment :
Le 47ème  régiment d’infanterie de ligne est un vieux régiment de Louis XIV. Il participe aux guerres révolutionnaires (Fleurus) et napoléoniennes (notamment la guerre d’Espagne). Puis en 1830 il fait la guerre d’Algérie (notamment la prise de Constantine en 1837). Cette clarinette a intégré le 47ème RI vers 1845 et le chiffre 47 y a été apposé. Le 47ème a participé à la guerre de Crimée et la prise de Sébastopol en 1855 puis a connu la défaite à Sedan et la capitulation de Napoléon III en 1870. Ce régiment est dissous et la clarinette remisée. Elle réapparaît en 1890 au 7ème Régiment d’Infanterie de Marine où est apposé le chiffre 7 ainsi qu’au dos l’ancre marine des « marsouins ». (J’ai fait mon service militaire dans les RIMA ! Le 7èmeRIM  est basé à Rochefort, et un brocanteur vient de la trouver près de Rochefort en Charente Maritime (17) (ma région d’origine !) et me l’a vendu en 2015. 
Étendard du 47éme de ligne en 1812.
La clarinette :
La vie mouvementée de ces régiments a causé quelques dégâts à cette clarinette  : fente ancienne réparée par un flipot, bagues ivoire remplacée par des bagues en laiton, pavillon disparu remplacé par un pavillon d’un autre grand facteur contemporain : Guerre. Le bec , ligature et couvre bec sont légèrement postérieur et sont signés de « Buffet Crampon et Compagnie »  sans doute pour le clarinettiste du RIM qui l’a rejouée en 1890.  Les armées après cette époque vont se doter de clarinettes moins fragiles (ébène, clés et bagues en maillechort) et plus modernes (système Boehm). Vendue par les domaines, elle a jouée apparemment jusqu’à la 1ère guerre mondiale en Charente Maritime dans un orchestre populaire avant d’échouer dans un grenier,  puis dans ma collection.


C.  clarinette en buis 13 clés en laiton de Guerre:  
Le facteur : Georges Antoine Guerre
Spécialiste réputé de la clarinette entre 1825-1855 à Paris ayant reçu des médailles d’honneur en 1827 et 1834. Il fournit aussi les armées. Son estampille face rayonnante montre sans doute son grade dans la franc maçonnerie. Il est connu par les collectionneurs pour la qualité de ses instruments mais aussi  pour avoir essayé  de reprendre et de s’attribuer l’innovation de la 14ème clé de JF Simiot. 
















La clarinette et sa vie militaire :

Les régiments :

Chiffre 8  et  1839 :  8ème RI : régiment de l’ancien régime, il participe à des batailles importantes (Valmy, Friedland, guerre d’Espagne, guerre d’Algérie aussi) et en 1859 à Solferino et lui aussi à Sedan pour la défaite de 1870.


On voit les trompettes dans cette bataille lors de la campagne d’Italie mais point de clarinettiste car les ordres de combat se faisaient avec des cuivres pour se faire entendre dans le tumulte de la bataille ! La clarinette a un son trop doux et servait plus pour séduire lors des défilés. Les clarinettistes étaient soient combattants soient surtout brancardiers. Chiffre 97 : Après 1870, on supprima beaucoup de régiments et encore plus de musiques militaires (certains instruments vont être recyclés dans d’autres régiments comme nous l’avons déjà vu précédemment et d’autres vendus). Cette décision réduira considérablement la demande et le métier de facteur d’instruments à vent perdant ainsi leur principal débouché. Beaucoup de musiciens seront ainsi démobilisés et créeront les orchestres de village, les harmonies à travers la France. Apparemment cette clarinette après 1870, quitte le 8me RI et intègre le 97ème RI qui est aussi un ancien régiment réputé (Rivoli, campagne d’Egypte, Sébastopol aussi) et qui va être connu pour la qualité de ses chausseurs alpins.










La clarinette :
Elle a aussi beaucoup vécue et a eu une vie mouvementée, subissant de nombreux chocs (bagues en ivoire du pavillon cassée, une clé manquante). Devenue obsolète (remplacée par les clarinettes en ébène système Boehm ,elle sera remisée et vendue. Lors de l’exode de 1940 cette clarinette arrive à Bordeaux où elle sera dans une boite double avec une clarinette Dobner en Ut. Clarinettes achetées à un brocanteur bordelais en 2014. Mais on ne peut pas oublier lorsqu’on analyse cette période et les instruments à vent militaires sans évoquer le grand Adolphe Sax qui remania le choix des instruments et l’organisation de la musique militaire...mais ceci est une histoire et il a fait l’objet d‘autres articles. Enfin  mentionnons un autre article sur une clarinette militaire, qui raconte la vie de deux clarinettistes, l’un allemand jouant une Mib Schuster du 133èmeRIR de Zwickau en Saxe et l’autre français jouant une Margueritat du 125RI de Poitiers dans les tranchées)
Cliquez pour lire l'article sur les deux clarinettistes face à face.

jeudi 29 décembre 2016

René Pierre et José-Daniel Touroude vous souhaitent de bonnes fêtes et une excellente année 2017.



Pour faciliter la digestion de vos repas, un peu de lecture, de détente et d’humour avec un petit quizz et des anecdotes musicales par José-Daniel Touroude.
Vous pouvez revoir le précédent quizz  : Le QUIZZ et pour les plus sérieux relire le conte de Noël pour clarinettistes pacifistes : Le conte de Noël pour Clarinettistes

Un conseil du grand William valable encore pour cette nouvelle année : « Méfiez vous de ceux qui n’aiment pas la musique, ils ont tous les défauts » (W. Shakespeare).

1°) Question : Je suis un jeune pianiste polonais surdoué montré dans tous les salons par mon maitre le baron Keiserling. A 10 ans, je fus l’élève du Cantor de Leipzig puis celui ci me composa en 1740 une aria pour clavecin avec 30  variations (une par jour sur cet air mais en utilisant différents styles avec un savoir-faire contrapunctique prodigieux afin que tous les soirs je puisse endormir le baron, mon maître insomniaque. Ces variations ont immortalisé mon nom (même si on n’a pas trouvé de dédicace). Qui suis-je ? 

Indice : 2 siècles plus tard un autre pianiste talentueux Glen Gould enregistrera ce morceau (notamment en 1955 et en 1981) et se fera connaître au monde entier. C’est facile pour les pianistes !

Illustration picturale.
Martin Luther.
Illustration musicale :


Réponse : les variations Goldberg BWV 988

Anecdotes musicales : Le jeune chanteur Dieter Fischer Diskau enregistrait du Bach avec Klemperer mais trouvaient les tempi trop lents. Mais comment le dire au grand Klemperer ?  il lui dit  alors humblement : "Maître, j'ai rêvé de Bach cette nuit et il m'a dit que vos tempi étaient un peu lents. " Klemperer ne répondit pas et la session se poursuivit sans accélération notable. Le lendemain, avant d'enregistrer, Klemperer fit s'approcher DFD et lui dit : "J'ai rêvé de Bach cette nuit moi aussi et il m'a dit qu'il ne vous connaissait pas."

2°) Question : Le chevalier John Taylor médecin anglais « spécialiste des yeux » a réussi à rendre aveugle deux des plus grands génies de la musique au XVIIIème siècle. Quels sont ces deux musiciens dont un devenu aveugle en est mort et l’autre est resté aveugle ?

Indice : ce sont deux compositeurs et musiciens allemands amis d’un autre allemand talentueux Telemann.

Illustration picturale.


Illustration musicale :


Réponse :  Haendel et JS Bach (qui est mort peu après cette opération).

Anecdotes musicales : JS Bach devait enseigner et faire passer les tests à des élèves et il n’aimait guère cela. Il n’avait pas toujours des élèves doués. Cela me rappelle une histoire. Au conservatoire le jury épuisé par une journée d’auditions appelle le dernier concurrent : « Et vous qu’allez vous nous jouer ? demande le Président du Jury. Le candidat répond "un mouvement perpétuel de ma composition". Le Président soupire : "perpétuel  ! pouvez vous plutôt nous jouer une valse minute?"

Rossini lui, n’était pas aveugle, mais une fois il joua du Wagner (qu’il détestait ) en massacrant la partition. Maestro dit un de ses élèves vous tenez la partition à l’envers. Je sais mais j’ai essayé dans l’autre sens c’était pire ! répondit Rossini.

La chanteuse et actrice Marlène Dietrich fermant ses yeux prise par les paroles de sa chanson, s’est cassé le bras lors d’un récital en tombant dans la fosse d’orchestre alors qu’elle chantait « I’ll never  fall in love again » 

3°) Question : Quel est le roi de France qui faisait des poèmes et des chansons, grand protecteur des arts et amateur de femmes qui composa « mes belles amourettes ». Il a gravé à Chambord cette phrase amère devenue célèbre : « Souvent femme varie, bien fol est qui s’y fie »

Indice : il protégea Guillaume Budet pour créer la bibliothèque nationale, ainsi que le poète Clément Marot, Benvenuto Cellini… et construisit de nombreux châteaux au bord de la Loire et à Fontainebleau. 

Illustration picturale.

"La vierge au rocher" : Léonard de Vinci.
Illustration musicale :

                                                  Nana Mouskouri chante en 1979 ‘Mes belles amourettes.

 Réponse : François 1er.

Anecdotes musicales Le grand chef d’orchestre anglais Beecham dirigeait La Bohème de Puccini et indiqua qu’il n’entendait pas bien la chanteuse dans le rôle de Mimi qui agonisait sur sa couche. La chanteuse répondit : "vous croyez que c’est facile de chanter allongée ! » Sir Beecham répondit : "Ma chère, j'ai connu quelques uns de mes plus grandes réussites dans cette position."

Le duo d’amour de Tristan est long, très long et s’éternise… Toscanini soupire : si les héros étaient italiens, ils auraient déjà des enfants mais là ce sont des allemands …ils chantent encore !

Enfin le test  du mélomane : privilégiez vous quel sens : l’œil ou l’oreille ? « Le mélomane est l’homme lorsqu’il entend une femme chanter dans une salle de bain, s’approche du trou de la serrure et y colle seulement son oreille ». (Francis Blanche)

Bonne année et bonne santé. 

Pour vous dynamiser, relisez : Vivre vieux mieux grâce à la musique.