jeudi 10 mai 2018

Principaux sites Internet concernant la facture des instruments de musique.

L'une des raisons de la création de ce blog en 2009 était que très peu de choses étaient écrites sur les facteurs d'instruments de musique et qu'il était très difficile de trouver de bonnes informations sur ce sujet. Aujourd'hui les choses ont bien évolué et les bons sites internet foisonnent. Nous vous proposons dans cet article d'essayer de rassembler les sites majeurs pour mieux les faire connaître et donc encourager les articles dans ce domaine. 

Nous allons sans doute en oublier donc n'hésitez pas à nous alerter sur les sites manquants.
Pour allez sur les sites cités : Cliquez sur le lien en début de rubrique en bleu.
Les sites en français 
: 1) Les Historiques.
Les luthiers de Mirecourt : Tout d'abord celui de Roland TERRIER, luthier à Mirecourt, qui en plus de son travail alimente un site spécialisé, où vous trouvez tout, non seulement sur la lutherie, toutes les marques, l'histoire, la généalogie, les images de très beaux instruments....mais qui a scanné un nombre innombrable de catalogues concernant le quatuor mais aussi ceux de grands industriels comme Thibouville, Couesnon avec des pianos, cuivres, instruments à vent, accessoires etc...et quelques annuaires musicaux.


Pour tout savoir sur les facteurs et fabricants de pianos : Piano Forte de Lieve VERBECK,qui travaille sur les marques de pianos, notamment la facture française, et en plus de très nombreuses illustrations, indique des liens vers des ouvrages de référence : Pontécoulant, Fétis....comptes rendus sur les Expositions, sur les brevets d'inventions etc...scannés sur internet.

Sébastien ERARD (né à Strasbourg 1752- mort à Paris 1831)
L'histoire de la clarinette n'a pas de secret pour Denis Watel et son Chtiot musée des clariboles et Cie.


Si les facteurs de l'est de la France vous intéressent notre premier site peu vous aider : Facteurs et marchands de musique de l'est de la France. Ce site est peu actif actuellement car nous souhaitons rassembler tous ses articles sur un seul site et le fondre avec celui-ci. Projet Ambitieux mais pour l'est de la France nous pensons en avoir fait le tour à l'exception de quelques inconnus à découvrir mais trop peu nombreux pour alimenter un site spécifique.


2) les nouveaux depuis 2009.

Un site particulièrement important, très documenté et principalement consacré au saxophone : Celui de Jean Jacques Bona : Luthier Vents.

3) Les Musées en Français.

Une Référence et Thierry Maniguet (conservateur) que l'on remercie pour son accueil. 
Musée de la Musique de Paris.

Un site très utile celui de : MIMO : Musical Instruments Muséums OnLine. C'est à dire la mutualisation de nombreux musées européens......Malheureusement à l'exception de celui de Paris et de Bruxelles, les images d'instruments sont très médiocres et le projet semble à l'arrêt. (A suivre)


4) Les sites des antiquaires en instruments de Musique.

Orphée Musique. Le site de notre ami Richard Charbit , qui même si il pense à la retraite est toujours aussi dynamique.

Instruments Anciens de William Petit. Le premier a avoir créé un site internet.

La Cave à vents à Paris. Avec de très belles photos d'instruments et des documents type catalogues.
A Bruxelles le site de Bruno COPPENS : Iltempo


 Les sites étrangers.....Il y en a beaucoup de très très bons.

1- Les historiques :
    Pour la Flûte :
Celui de Rick Wilson : Old Flutes Un site ancien et remarquable.

2-Les musées internationaux. (Uniquement les sites dont les instruments sont consultables sur le net). 
Toujours pour la Flûte.
Dayton C. Miller Flute Collection  : Une référence dans le monde.
Restons aux USA :
National Music Museum à Vermillion dans le South Dakota. : tous les instruments une très grosse collection.
A New-York : MET : Metropolitan Museum of Art : Il concerne tous les instruments de Musique.








samedi 21 avril 2018

Quelques informations musicales. Some musical informations.

Le Larigot nouveau est arrivé :

Deux beaux numéros du "Larigot" pour "le prix d'un".....Pour ceux qui sont abonnés a notre association ACIMV ou qui souhaitent s'abonner : Le site de l'ACIMV.

Le numéro 61 :




Avec au sommaire


- La star du numéro : Flûte traversière à douze clés de Tulou par José Da Silva

- Complément à l’article du Larigot 59 : Les saxophones « système Romero » et assimilés par Jean-Jacques Bona

- Complément à l’article du Larigot 60 : Duplication des clés graves du saxophone et « système Boehm » par Marten Postma

- Essai sur la datation des ophicléides par Jérôme Wiss

- Société des Amis d’Instruments Anciens de Musique (GEFAM) par Ulrich Halder

- Deux cromornes du XVIe siècle par Philippe Allain-Dupré
- La ténora et le tible : des instruments catalans ? par Núria Bonet Filella
- À la recherche de Claude Laurent par Montserrat Gascón  

Pour ses 30 ans, l'ACIMV fait un beau cadeau à ses adhérents...
En effet, avec le Larigot 61, tous les membres de notre association recevront le Larigot spécial XXVIII. Un bel ouvrage tout en couleur de 52 pages retraçant entre autre l'historique de l'ACIMV et un résumé de son anniversaire qui eut lieu à La Couture-Boussey. Alors, n'hésitez plus et adhérez à notre association... 

++++++++++++++++

Décès de Claire Soubeyran


Nous venons d'apprendre le décès de Claire Soubeyran, bien connue dans le monde des collectionneurs, flûtistes et musiciens. Elle avait eu la gentillesse  de nous aider dans nos articles sur Tulou et Nonon puisqu'elle fabriquait des instruments sur les modèles de ces facteurs. Toutes nos sincères condoléances à sa famille et ses amis. 

Flûte réalisée par Claire Soubeyran sur le modèle de Tulou.
"Flûte en ré, en bois d'ébène ou en grenadille (cocuswood). Avec barillet d’accord à 5, 6 ou 8 clés avec patte de ré ou patte d’ut.
Clés longues en bronze argenté (pour plus de rigidité), clés courtes en argent.
Diapason : 438, 440, 442 Hz.
Caractère : Toute la distinction et le brillant de ce qui inspirera l’école française de la flûte.
On peut considérer le modèle Tulou comme la flûte romantique portée à sa perfection :
timbre riche, intonation très fiable, grande aisance dans l’aigu.
Confort, souplesse et efficacité caractérisent la mécanique de cet instrument.
Répertoire : très satisfaisante à l’orchestre comme en musique de chambre. BEETHOVEN, SCHUMANN, MENDELSSOHNN, BERLIOZ, BRAHMS, MAHLER, BRUCKNER...
Trois flûtes originales m’ont servi à mettre au point ce modèle (merci à Laurent Kaltenbach et à Liane Ehlich)
Jean Louis Tulou, Paris (1786-1865) : flûtiste virtuose célèbre pour sa méthode et pour son apologie de la flûte conique. Facteur d’abord associé à Nonon, ses flûtes seront copiées et jouées dans toute l’Europe du XIXe siècle"

++++++++++++

Vente à Drouot le 24 avril : Son et Musique.
Etude Chayette et Cheval.


Cette vente très intéressante comporte non seulement des instruments, comme ce superbe Hautbois du XVIIIéme siècle de Deschamps à Paris......



.....de nombreux documents, gravures, partitions.....mais sera l'occasion, également, de disperser de nombreux documents et témoignages sur Maurice Maréchal le célèbre violoncelliste né en 1892 en Bourgogne, qui obtint son premier prix du Conservatoire en 1911 avant d'être engagé dans la grande guerre de 1914-1918. Après  ce conflit il aura une carrière mondiale de soliste mais aussi de professeur. Pourquoi souligner cette vente ? Parce que ma sœur Huguette Morin a été l’élève de ce grand maître et qu'il est émouvant de voir disperser tous ces souvenirs.....Espérons qu'ils terminerons dans de bonnes mains.

Maurice Maréchal (1892-1964).



C'est l'occasion de découvrir également que les mémoires de guerre de Maurice Maréchal sont conservées au Musée de la musique ainsi que le violoncelle fabriqué à partir de caisse de munitions : dit "le poilu". 
Cette épopée a donné un livre écrit par Luc Durosoir........

.......Ainsi qu'une nouvelle aventure, dans le cadre des commémorations faites pour célébrer le centenaire de la grande guerre : la réalisation d'une copie faite du "poilu" par le luthier Jean Louis Prochasson, pour refaire sonner cette musique plus forte que la guerre.




Maurice Maréchal.

mercredi 28 mars 2018

Cimbasso : Vous connaissez ? En v l’à du grave. That's serious Low tone.

Connaissez vous le Cimbasso ?


C'est un trombone contrebasse à 3 à 5 pistons ou palettes en Fa ou en Si b". Cimbasso, viendrait (non pas du Brésil, genre bossa) de "corno in basso" (ce n'est pas une insulte), et il a été utilisé au début du XIX siècle dans les opéras de Bellini, Verdi, Puccini...

En fait les parties de trombones dans le "très grave" étaient jouées par des instruments variables, selon les pays genre ophicléides, ou "truc comme celui illustré en dessous"
Cimbasso droit de Orsi.


Il parait que vers 1881, un certain Peletti, fabricant de son état à Milan, a enfin trouvé la solution....et l' on arrive à ce que joue Monsieur Johnson.
Et je concluais ce "super article" écrit en 2009, mais remis rapidement à jour par : "Enfin pour conclure, comme vous pouvez le vérifier, il est temps de trouver un spécialiste des cuivres qui si colle pour faire un blog en français......alors allez y....c'est pas compliqué, cela ne prend pas plus de temps que de faire un mail. Alors le club du Larigot ?"
Et vous voyez je n'ai toujours pas été exhaussé. Alors je suis toujours obligé de "pomper" dans de super sites étrangers comme celui  de  Historic Trombone ou j'ai trouvé cette photo de Nicolas Eastop tenant un trombone contrebasse de Oller réalisé en 1639 du musée de la musique de Stockholm. Ecoutez le son de cet instrument me permet de faire comprendre à mes voisins ce que nous avons enduré pendant un an, pendant leurs travaux grâce à leurs percuteurs, perceuses.....



......ou celui de 


Un spécial coup de cœur pour le site de :Will KIMBALL 



Et ensuite le Cimbasso c'est " super beau " surtout pour le jazz, quand c'est joué par Mattis Cederberg, sur un arrangement de Helge Albin.

Et il y a des tuyaux bizarres .



Le Cimbasso a de drôles d'effets secondaires ? Et comme le nombre de lecteurs du blog baisse .....on va essayer une autre technique.




Le Cimbasso rend fou......Il y en a même un qui a démonté sa chaudière pour en jouer sur scène ?



lundi 19 mars 2018

AUTIERO Marchands d'instruments de musique à Avignon. Autiero from Avignon : String instrument Maker an musical instrument dealer.



Deux sociétés ont été crée à Avignon par deux frères : en 1875 Joseph Autiéro, luthier né en Italie à Teano le 31 décembre 1858 et en 1876 Gaëtan Autiéro né en 1853 qui prit la suite de la Maison Abeille à Avignon.


Ces deux luthiers nés à Téano prés de Caserte en Italie étaient arrivés avec leur père Paride Autiéri (Naples 1829-Avignon 1909) lui aussi luthier et ébéniste et leur mère Carmina Lambiasi à Avignon après la guerre de Crimée. Installés comme luthiers tous les trois ils développèrent le commerce de musique en Avignon.

Teano (Italie), province de Caserte près de Naples.
Gaëtan(o) Autiéro (Autiéri) (1853- ), frère aîné  se marrie le 15 avril 1885 à Avignon avec la fille d'un riche agriculteur de Pernes les Fontaines, Marguerite Antoinette Prat. (1853-1919).
Gaëtan AUTIERO.
Marguerite PRAT;














Ils eurent au moins cinq enfants dont trois garçons :Jean Gualbet Frédéric Autiéro (1887-1965) qui sera musicien et dont nous reparlerons, Joseph Marius Autiéro (1891-1945), Marcel Jean Roch Autiéro (1893- ). Gaëtan et Joseph sont dans un premier temps installés rue de Saunerie en Avignon, puis vers 1897 ils changent pour les 28 et 30 rue des Marchands.
Signature de Gaëtan AUTIERO en 1891.
Ils exercent d'abord le métier de luthier puis après sont marchands de musique et de pianos comme on peut le voir pour cette guitare de René Lacotte de 1829 réparée en 1896 par Gaëtan Autiéro.
Marque d"une guitare de René Lacote réparée en 1896
par Gaëtan Autiéro. (collection  Andreas Schlegel)
Pour visiter le site d'Andreas Schlegel : Accords Nouveaux

Quant à Joseph Autiéro il avait épousé Françoise Virginie Charbonnier (1859- ) la fille d'un expéditeur de commerce, dont il aura 5 enfants dont un fils Victor Antoine Autiéro (1887-1972) qui lui succédera.

Signature de Joseph Autiéro.
Les frères Autiéro ont obtenu une médaille d'argent et une de vermeil aux expositions industrielles et nationales à Carpentras en 1891 et une autre médaille d'or à l'exposition internationale de Cannes en 1892.
Facture de Joseph Autiéro datée 1896.
Bien sur ils vendaient toutes sortes d'instruments et étaient également marchands de pianos.
Marque d'une flûte Thibouville vendue par Joseph AUTIERO.
Ils sont installés en 1910 pour Gaëtan 18 rue de la République et pour Joseph 5 rue des Marchands et 20 rue de la République. Arrive la grande guerre et nous passons à la génération suivante.Frédéric (Jean Gualbet) Autiéro (1887-1965) le premier fils de Gaëtan AUTIERO à fait des études musicale (corniste) d'abord à Avignon puis ensuite à Paris où il obtiendra un premier prix. A la même époque il fait  son service militaire jusqu'en 1908 où il revient pour tenir le magasin familiale.
Durant ses études musicales à Paris il étudia également l'écriture musicale pour laquelle il avait un certain don. Il avait épousé le 11 août 1906 Hélène Marthe Chastel et eurent trois enfants : Jean Lucien Charles Autiéro (1905-) dont nous reparlerons,Roger Gaëtan Marie Autiéro (1908-1942), violoncelliste qui décédera à 33 ans à Nyons,Marie Jeanne Joséphine Autiéro (1910- ) qui sera pianiste. Il fait la grande guerre au 14 ème régiment de chasseur et termine la guerre dans une unité non combattante avant d'être démobilisé le 8 novembre 1924, pour installer un magasin de musique à Nyons dans la Drôme, rue Nationale. A la fin de la guerre il rencontra sa future seconde femme Justine Antoinette Sinard, qu'il n'épousera qu'en 1950 après la mort de sa première épouse, car il ne divorcera pas. En plus de son magasin de Nyons qu'il tiendra jusqu'à sa mort le 25 mai 1965 à Nyons, ses leçons de musique, il écrira des opérettes.
Une des opérettes les plus connues de F. Autiéro.


A partir de 1919 le magasin d'Avignon de Gaëtan Autiéro fut repris par André Marius Montagard (Paris 1888-Avignon 1965), Gaétan ayant suivi son fils à Nyons.
Papier à en-tête d'André Montagard successeur de Gaëtan Autiéro et fils.
André Montagard était un parolier célèbre parce qu’après son passage à Avignon il réalisa quelques succès dont le très connu "une partie de pétanque" et surtout.....Il est l'auteur du célèbre Hymne à la gloire du Maréchal Pétain : "Maréchal nous voilà".







Vers 1927 André Montagard quitte Avignon et c'est le fils de Frédéric Autiéro, Jean (Lucien Charles) Autiéro qui reprend le magasin comme il explique dans une lettre envoyée à Gaudet Deslaurier. D'après cette lettre Jean était le beau frère d'André.
Lettre de Jean Autiéro expliquant à Gaudet Deslaurier
qu'il reprend le commerce d' André Montagard;
(Collection RP)
Jean Autiéro exercera à Avignon jusqu'en 1945 avant de s'installer à Nice où il collabora avec Couesnon pour améliorer leurs saxophones et réparera les instruments des musiciens du festival de Jazz d'Antibes.
Lettre à l'en-tête de Jean  Autiéro. (Collection RP)
Quand à Joseph Autério, c'est son fils Victor (Antoine) Autiéro (1887-1972) qui lui succéda. Après des études musicales il fit son service militaire en 1905 et s'engagea au 7 ème génie. Sapeur musicien jusqu'en 1909, il s'engage comme sergent en 1914, blessé il est réformé en 1915. Son père meurt en 1919 à 60 ans et Joseph reprend l'activité du magasin jusqu'à la guerre de 39-45. Il est décédé en Avignon en 1972.
Lettre à l'entête de Victor Autiéro.






jeudi 15 mars 2018

Claude LAURENT (1774-1849), horloger célèbre facteur de flûtes en cristal. La thèse de Montserrat Gascon Castillo : Evénement majeur. Claude LAURENT (1774-1849) watchmaker and famous flutes maker of crystal : Montserrat Gascon Castillo ' thesis: A Major Event.

Nous l’attendions tous avec impatience et avec grand intérêt  cette thèse de Montserrat Gascon Castillo sur ce si célèbre et bien inconnu facteur de flûtes en cristal : Claude Laurent. Et bien il faut le dire et le faire savoir, nous ne sommes pas déçu et complètement enthousiaste. Quel beau travail....même si nous sommes obligé de nous mettre au catalan (Mais aujourd'hui il y a de super outils sur internet) et Montserrat est en train d'organiser une traduction en anglais et a accepté de faire un article en français dans le Larigot qui paraîtra dans un prochain numéro. Cette thèse est une référence pour évoquer l'évolution de la flûte française. En tout cas  : Bravo et merci à Montserrat pour ce travail plus que complet. 


































Non seulement Montserrat nous permet de connaître le travail de cet exceptionnel facteur, mais nous fait redécouvrir le son de ces flûtes en les faisant sortir de la case dans laquelle les musicologues les avaient enfermées : "Cadeaux de prestige sans intérêt musicale"car en tant que flûtiste elle les joue en concerts.

Nous n'allons pas revenir sur les raisons de l’utilisation du cristal et sur la vente de ces instruments à des personnages illustres que nous avons traités dans ce blog........ 


Dans sa thèse Montserrat nous explique comment elle a commencé à s’intéresser aux flûtes de Claude Laurent. Il existe au musée de Barcelone deux flûtes de ce facteur, et Roma Escalas son directeur à décidé en 2010 de faire restaurer ces instruments et de lui demander de les jouer après cette restauration. Après ce concert et cet essai elle a voulu en savoir plus sur son fabricant.
Flûte à 8 clés de 1839. (Musée de Barcelone)
Son travail s'est orienté dans trois directions :
La première : Recherches biographiques sur Claude Laurent.
Deuxièmement : Développer les éléments qui montrent que le rôle de Claude Laurent dans le développement de la flûte française a été sous estimé.
Troisièmement : Répertorier l'ensemble de ses instruments. 

Biographie de Claude Laurent.

On ne savait pratiquement rien sur Claude Laurent sinon qu'il était horloger et qu'il était né à Langres.
En fait il est né le 4 décembre 1774 à Saint Maurice les Langres en Haute Marne. Son père Etienne Laurent (1744-1804) était marchand et aubergiste à la ferme de "La Folie", sa mère était  Anne Juy (1740-1775) et avait 7 frères (4) et sœurs (3). Sa mère Anne meurt quelques mois après sa naissance, son père se remarie avec Marguerite Maillard (1756-1805) et aurons dix enfants.
Pour en savoir plus sur la généalogie de Claude Laurent consulter : L'arbre généalogique de Cédric Touvet de Nancy.
Comment C. Laurent est devenu horloger, on ne le sait pas, en revanche ce que l'on sait c'est qu'il devait être particulièrement compétent puisqu'en 1794 à 20 ans, il était Membre suppléant du jury chargé de décider les questions relatives au nouveau système horaire.
Pendule squelette. Émaux de Coteau.  Mouvement
de Laurent donnant les heures décimales et duodécimales
jours de la décade, quantième et mois républicain, mois
grégoriens. Vers 1794.(Genève Antiquorum)
De quoi s'agit-il ? A la révolution en 1789 on comptait en France 2000 unités de mesures différentes sur le territoire. Les cahiers de doléances demandant de résoudre ce point : "On ne veut plus deux poids, deux mesures", le 30 mars 1791 l'assemblée Constituante adopte l'échelle décimale pour l'ensemble du système qui conduit au "temps révolutionnaire décimal" : journée de 10 heures, 100 minutes, 100 secondes, une heure décimale était égale à 2 heures 24 minutes. Ce temps révolutionnaire ne fut pas très populaire mais il fut officiellement en vigueur en France du 5 octobre 1793 au 7 avril 1795. Cet épisode montre que Claude Laurent était un horloger expert mais aussi "révolutionnaire". 
Pendule c. 1805 Signat: Laurent à Paris
 (The Redding Archives. Gündisau, Suïssa )
Il s’avère que notre horloger était un flûtiste amateur amoureux de musique ce qui expliquerait son travail sur la flûte. Dès le début des années 1800 il avait déjà conçu sa flûte en cristal qu'il fit breveter en 1806.  On découvre dans la thèse de Montserrat une flûte datée de 1805. Cette flûte possède déjà  une clé de Ré # à bascule.
Flûte de Laurent datée de 1805, à 4 clés et deux corps de rechange.
(Coll. G. Pöllitsch)

Il participe régulièrement aux expositions de Paris ; il obtient en 1806 une médaille d'argent de deuxième classe pour ses flûtes en cristal, mais également en 1834, 1839 où en plus de ses flûtes en cristal il présente des flûtes en bois et 1844 il ajoute des becs de cristal pour clarinettes et des embouchures pour cuivres.