samedi 8 octobre 2016

Pour vous détendre un petit Quizz sur des anecdotes dans la musique classique.

Pour fêter nos 5 ans de collaboration dans le blog de René Pierre et pour nos fidèles lecteurs, je vous ai préparé pour vous détendre un petit Quizz sur des anecdotes dans la musique classique. 
 Par José-Daniel Touroude.

1°) Question : pour nos voisins britanniques anti-européens qui ont voté le « Brexit».
Un italien talentueux émigré au XVIIème siècle à la Cour de France composa pour le rétablissement du roi soleil une cantate intitulée «Dieu sauve le roi» dont un certain motet. Celui ci fut entendu à cette occasion par un grand compositeur saxon, émigré à Londres mais qui passait par Paris. Il repris et arrangea un peu cet air pour le Roi d’Angleterre Georges 1er. (les droits d’auteurs n’existaient pas à cette époque). Quel est le nom de cette musique que le monde entier connaît ?
Indice :  les 2 musiciens sont Lulli et Haendel.
On peut reprendre à cette occasion la célèbre phrase de Lulli quand il a entendu son air profane d’opéra joué dans une messe « Seigneur, je vous demande pardon, je ne l’avais pas fait pour vous ». Lulli mourut de gangrène après s’être donné un coup de bâton sur le pied en battant la mesure. Depuis les chefs d’orchestres prudents ont pris un bâton plus petit : il s’agit de la baguette de chef.

Haendel avait l’habitude de ses «emprunts» à d’autres musiciens mais cela n’enlève rien à son génie musical.

Réponse : l’hymne national de Grande Bretagne : God save the King (Queen).  

Illustration musicale :  Pour beaucoup d’anglais, il existe un autre hymne national, officieux celui là, qui a été composé par un vrai anglais. Il faut entendre le public londonien le chanter avec Colin Davis … Un grand moment !

Les anglais ont de l’humour et me pardonneront je l’espère (sinon nous risquons de perdre nos lecteurs d’outre-manche !) Voici Une anecdote italienne : Affiche pour un concert donné au « Théâtre » de Mantoue en 1734 . Les spectateurs du premier rang devront écouter en se couchant par terre, les seconds rang devront être à genoux, le troisième rang assis et le quatrième rang se tenir debout… ainsi tout le monde pourra voir !

2°) Question : A quel musicien autrichien du XVIIIème siècle a t-on tranché et volé la tête sur son lit de mort pour étudier son génie ?
Indice : comme Haendel, il a fait un hymne. Il était franc-maçon et « frère .’. » d’un autre génie de la musique autrichien (enterré lui comme un chien dans la fosse commune). Ce compositeur avait beaucoup d’humour : il créa le morceau «la surprise» où un fortissimo réveille brutalement les auditeurs. il y a  aussi  «les adieux» où les musiciens quittent les uns après les autres la scène mais l’anecdote que je préfère est sa composition pour le mariage de la fille d’un boucher nommé «le menuet du bœuf» car il reçu en paiement…. un bœuf !  et on dit que la musique ne nourrit pas son homme !

Réponse : des phrénologues viennois ont décapité Joseph Haydn pour étudier les bosses musicales de son crane (c’était à la mode lancé par le Dr F.J. Gall : bosse des maths etc….)

Hymne national allemand tiré d’un quatuor de J. Haydn.
Un peu d’humour d’outre-rhin : j’ai les moyens de vous faire applaudir ! H. Von Bülow dirigeait la 1ère symphonie de Brahms à Berlin et le public resta froid. Alors il prit la parole : « Moi aussi à la première audition cela ne m’a pas beaucoup plu et c’est pour cela que je vais vous la rejouer »… et il recommença toute la symphonie !  Il y eut cette fois des applaudissements nourris (peut être pour éviter une 3ème fois ?)

3°) Question : Quel est ce grand chanteur (dans tous les sens du terme) du XVIIIème siècle obligé de chanter chaque soir toujours les mêmes airs pour redonner le moral et calmer le roi d’Espagne Philippe V insomniaque et fortement dépressif ?
Indice :  le film de Gérard Corbiau a obtenu l’oscar du meilleur film étranger en 1994  avec l’histoire de ce castrat célèbre.

Réponse :  Farinelli. 


Deux blagues pour nos amis chanteurs  : Rien à voir avec notre quizz mais je ne résiste pas à la coquille digne du canard enchaîné : « X ce regretté chanteur qui a braillé  toute sa vie… » (un a en trop peut être !). Pourquoi les professeurs de chant ouvrent souvent une fenêtre et restent à regarder dehors ? Pour montrer à tous qu’ils ne battent pas leurs élèves et qu’ils ne sont pas responsables des hurlements entendus dans le quartier.
Un autre chanteur polyvalent à la fois artiste et dilettante, Inventeur génial de toutes sortes de machines, peintre parmi les meilleurs , inventeur d’une lyre,  Léonard de Vinci chantait et jouait du violon et était pensionné par le duc de Milan pour cette activité musicale ! Le dilettante cultive l’art pour son plaisir, l’artiste pour le plaisir des autres (Anton Rubinstein).


4°) Question : Quel grand compositeur français du XIXème siècle jouant BACH au piano a dû inventer une mélodie par dessus une pièce du Cantor afin de prouver son talent et séduire son futur beau père !

Indice : mélodie incontournable qui est devenue un air connu surtout dans les églises ! 
Vierge (mosaïque de JDT : atelier de Nour Asfar à Croissy)
 
(je ne casse pas seulement les oreilles de mes voisins avec mes arpèges
 brisés, je casse aussi à l’occasion des cailloux !) Cette vierge doit vous aider à trouver…. 
Réponse : Charles Gounod jouant la 1ère pièce du clavecin bien tempéré avec sa succession d’arpèges et d’harmonies à dû broder dessus une mélodie simple et géniale : son célèbre Ave Maria… Il a réussi à charmer le pater familias et épouser sa fille !   
Ce ne fut pas le cas pour Bellini, pourtant compositeur de la fameuse mélodie « casta diva » de la Norma,  qui lui ne réussit pas à amadouer l’irascible père de sa chérie et n’a jamais pu ainsi l’épouser ! Gluck lui aussi dans les mêmes conditions ne réussit pas à plaire avec sa musique au père de son aimée… Mais le beau père mourut  peu après l’audition ! Avoir un gendre artiste ne plaisait pas beaucoup à l’époque …


Aphorisme : En entendant Frost qui fait en plus la respiration circulaire et qui joue sans partitions, je pense à la phrase célèbre de Hans Von Bülow : « un bon chef d’orchestre (valable pour tout musicien ) a sa partition dans la tête, un mauvais a la tête dans sa partition". 

5°) Question : Quel est le grand pianiste et compositeur romantique allemand du XIXème siècle qui a force de se torturer les doigts pour mieux jouer du piano (et égaler Paganini au violon, qui lui avait une maladie génétique lui permettant de plier ses doigts élastiques dans tous les sens) s’est mutilé abrégeant ainsi sa carrière de virtuose mais permettant ainsi d’avoir le temps de composer.
Indice : il est mort fou, victime d’hallucinations et il avait une femme pianiste belle, célèbre et talentueuse (pas de relations entre ces deux affirmations !)
instrument de torture musicale (René grand tortionnaire de notes 
de musique devant l’Eternel a consacré un article 
sur les instruments de tortures musicales : 


Réponse : Robert Schumann
Une ruse pour remplir les salles d’un autre pianiste contemporain qui avait compris la notion économique d’investissement : Liszt fut un des plus grands virtuoses du piano et pourtant il donna un concert à Stockholm où il y avait très peu de monde. Après le concert il invita ses auditeurs au restaurant … cela lui coûta cher mais le lendemain la salle était comble … mais il n’y eut qu’un régal pour les oreilles !

6°) Question : Quel est le grand compositeur français du XXème siècle qui à la fin de sa vie ne connaissait plus les notes de musique ! (mais pouvait néanmoins accorder son piano ! mystère des lésions du cerveau…)
Indice : Ma mère professeur de piano avait coutume de répéter cette phrase de Debussy : «Jouez mais surtout que j’oublie, en vous écoutant, que le piano a des marteaux»  mais c’est un autre compositeur délicat de la même époque qu’il s’agit de trouver. Il a crée le morceau de musique classique le plus joué dans le monde. Il ne jouait qu’avec ses souliers vernis noirs fétiches sinon il refusait de jouer…



Réponse : Maurice Ravel 


Une anecdote démontrant qu’il est vital d’avoir des amis dévoués…. (livre de van de velde). Sarrette fut un des créateurs du conservatoire de musique de Paris en 1793, puis fut mis en prison. Robespierre voulait le guillotiner (je ne sais pas pourquoi !) et lui donna une chance. Il devait créer et organiser un hymne pour la fête de l’Etre suprême en 1794 pour sauver sa tête (motivation révolutionnaire). Gossec fit la musique et Sarrette devait apprendre en quelques jours ce chant patriotique au peuple ! mince défi ! Paris s’improvisa alors école de chant et aux carrefours, les professeurs et élèves du conservatoire chantaient ou jouaient le thème sur leurs instruments, et même les grands comme Cherubini (futur directeur du conservatoire), Mehul, Gretry, Capet…  apprirent en quelques jours ce chant au peuple dans tous les quartiers. Peu après, la fête eut lieu au champ de Mars et la foule chanta cet hymne accompagné de 100 tambours, avec les instrumentistes du conservatoire et la fin agrémenté de tirs d’artillerie !  Sarrette sauva sa tête grâce à ce succès puis plus tard en faisant une fête chez lui, son ami Mehul composa le fameux chant patriotique « le chant du départ » que nous avons tous appris à l’école. Le président Giscard d’Estaing n’avait-il pas voulu remplacer la «Marseillaise»  par ce chant républicain moins violent ? 


7°) Question : Quel est le début d’une symphonie connue que le Général De Gaulle en exil à Londres mettait en indicatif avant ses discours  « les français parlent aux français ». La musique était d’un compositeur allemand (ironie du Général ?) mais était en fait un message crypté car en morse cela annonçait la victoire prochaine !  un exemple de détournement de la musique... 

Indice : en morse : - - - --- (3 coups brefs, un coup long) voulant dire  V comme victoire.
Réponse : pom pom pom pooom : le début de la 5ème symphonie de Beethoven.

La pince à linge de Pierre Dac et Francis Blanche … autre détournement !
Une  blague d’orchestre à variantes basée sur une histoire véridique : (en souvenir de Pierre Dac, résistant à Londres…). L’orchestre du bagne de Nouméa en Nouvelle Calédonie avait son orchestre : Un assassin, ancien de l’opéra de Paris, était devenu chef d’orchestre et exécutait des pièces entières proprement ! Un boucher musicien amateur créait beaucoup de morceaux ! Un ancien évadé avait un prix de fugue du conservatoire !  
La clarinette avait été condamné pour avoir canarder un flic ! Le basson était un spécialiste du faux en écriture mais jouait juste ! Le cor anglais était joué par un ancien pédicure récalcitrant ! La grosse caisse était tenu par un voleur ex-comptable ! Le directeur du bagne demandait souvent une pause dans les répétitions avec force soupirs….
Un professeur de musique dit à son élève : vous ne progressez pas, à votre âge, je jouais cela sans fautes. Réponse de l’élève : alors vous aviez un meilleur professeur que moi !

8°) Question : Quel est ce compositeur français très connu du XXème siècle, analysant les chants d’oiseaux et qui s’en est inspiré dans certaines œuvres.  
Indice : il a été professeur au conservatoire de Paris. Il a composé abime des oiseaux (pour clarinette seule.) tiré du quatuor pour la fin du temps quand il était prisonnier en Allemagne en 1940.
Le Loriot  ( il a été marié à a pianiste Yvette Loriot !)
Réponse : Olivier Messiaen.  

Un illustre prédécesseur passionné d’oiseaux : Clément Janequin « le chant des oiseaux ».
Une histoire pour mes collègues de l’ACIMV collectionneurs  d’instruments de musique et lecteurs assidus de notre blog dont certains sont de drôles d’oiseaux ! 
Un antiquaire parisien vendit très cher à l’impératrice d’Allemagne un piano fait à Paris ayant appartenu soi disant à Marie Antoinette. Evidemment c’était une copie. Un expert jaloux, connaissant la vérité, indiqua à l’impératrice la supercherie. L’antiquaire parisien convoqué à Berlin proposa à l’impératrice de racheter de suite le piano en augmentant le prix de rachat car en Amérique on lui en proposait beaucoup plus ! Convaincue par son aplomb, l’impératrice remercia l’antiquaire parisien filou et garda son trésor ! Beaucoup de collectionneurs (et de musées nationaux) ont des copies, des instruments «arlequins» mais ne veulent pas se l’avouer (cf lien : la psychologie des collectionneurs) 

9°) Question : Quel est ce musicien italien du XXème siècle connu pour ses musiques de films qui va s’inspirer du cri du coyote pour le thème d’un film ?
Indice : c’est un western « spaghetti » de Sergio Leone.

Réponse :  Ennio Morricone compositeur de la musique du film : le bon, la brute et le truand.
En entendant l’écho du coyote dans le grand canyon du Colorado, je pensais à cette histoire véridique : Au cours d’un diner, la discussion s’orienta sur l’utilisation de l’écho en musique et sur le phénomène de l’écho. Pour prouver que chez lui, il y avait un écho extraordinaire, il fit venir ses amis et chanta quelques notes … et l’écho répondit. Tout le monde était bluffé ! Puis continuant sur sa lancée il cria : écho, comment te portes tu ? et l’écho (le domestique caché au fond du jardin ) répondit : je me porte bien !

10°) Question : Quel est ce jazzman français du XXème siècle connu ? De santé chancelante (mort jeune), passionné par les maths (ingénieur de l’école centrale), fou de jazz (influencé par la trompette et le cornet de Bix Beiderbecke), il jouait dans les boites de St Germain des près et  participé à l’introduction du jazz moderne en France dans les années 50, (revue de jazz, radio). Mais  est passé à la postérité pour son talent d’écrivain.
Indice :  enfant, son père ruiné avait loué une partie de sa propriété aux Menuhin et il jouait avec Yehudi (quand il ne travaillait pas son violon). Il fut aussi célèbre par ses transgressions (livre à  scandale, (mais d’autres livres sont au programmes des lycées), chanson interdite par la censure (mais devenue célèbre)….Qui suis-je ?
Le groupe existentialiste devant St-Germain-des-Prés1944, Georges Patrix (Emile Binet).
Réponse :  Boris Vian : Sur l'illustration : Aux côtés de Paul Boubal, patron du Flore, on distingue Boris Vian dont la trompette dépasse ainsi que Jacques Prévert devant le clocher. Raymond Duncan est en toge. Jean Genet porte une calotte de bagnard. Juliette Gréco et Sartre sont en pastiche de Marie Laurencin.
Une histoire connue de nos amis trompettistes : Un élève trompettiste joue Aida puis attend le jugement du jury du conservatoire et n’obtient rien ! Qu’attendez vous lui demande le directeur. L’élève répondit : Le jugement dernier !    

A vous de nous envoyer vos anecdotes musicales préférées sur le même modèle 

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