lundi 27 février 2017

Le Cirque et la Musique. Circus Music.

Par José Daniel Touroude

Aprés 146 ans, le cirque Barnum ferme ses portes !

















En hommage au cirque mythique Barnum, qui en ce début d’année 2017 démonte définitivement ses chapiteaux après 146 ans de représentations (rentabilité oblige), nous nous penchons sur la musique de cirque et sur ses musiciens. En France, les cirques restent populaires et malgré les coûts importants arrivent à survivre en évoluant vers des spectacles de plus en plus mondialisés et empruntant à toutes les formes de spectacles parfois assez différents du cirque traditionnel. (Ainsi Phénix, Pinder, Bouglione, Eloize, Cirque du soleil, Gruss etc…. (et les émissions TV reprenant les attractions de cirque) conservent un public fidèle. Le cirque évolue et en conséquence la musique autrefois secondaire devient essentielle, voire une composante du spectacle demandant ainsi des profils de musiciens différents. Notre article sera composé de 2 parties : les fonctions de la musique de cirque et des musiciens qui jouent cette musique.
Reconnaissez vous José, René et Bernie.


















I - Un peu d’histoire sur l’évolution du cirque :
(Romulus selon la légende a attiré les Sabines dans des jeux de cirque pour les capturer et les donner comme «épouses» à ses compagnons fondateurs de Rome ! (clin d’œil pour René Pierre et sa femme Sabine !). Dès la Rome antique les jeux du cirque sont fondamentaux (« du pain et des jeux »), avec les parades, les montreurs d’animaux, les acrobates, les clowns et les musiciens qui déambulent dans les rues.  Mais le cirque, comme nous le connaissons, ne nait qu’au XVIIIème siècle (1770) en Angleterre avec Astley.  Le cirque est alors un spectacle basé sur les chevaux et des prouesses équestres de voltiges, de dressage et acrobaties (Bartabas , Zingaro vont continuer et sublimer cette tradition équestre). Mais Astley crée aussi la succession de numéros différents pour ne pas lasser le spectateur et faire reposer les chevaux et cavaliers, le cheval restant central.  Au XIXème siècle, les autres pays imitent et prolongent cet engouement qui plaît à tous les âges et à toutes les couches sociales : Franconi en France sous le 1er empire, les anglais Pinder s’installent en France, toute l’Europe suit notamment l’Allemagne, la Russie, mais aussi les USA (Barnum).



Une des particularités du cirque est d’être itinérant, se déplaçant auprès du public avec des chapiteaux (1830) et une piste circulaire (de Circus en latin = cercle). Barnum crée son cirque itinérant qui deviendra le plus grand du monde à travers les USA. Néanmoins on construit les premiers cirques fixes pour continuer les spectacles par mauvais temps (Cirque d’hiver à Paris). Mais il n’y a pas de spectacle de cirque sans les amuseurs : clowns-acrobates sur chevaux puis des pantomimes (le mime Marceau continuera cette tradition) et surtout des bouffons habillés de façon ridicules, gaffeurs, nouveaux arlequins… Ces clowns deviennent incontournables dans la deuxième moitié du XIXème siècle, quand il y aura le couple antinomique clown blanc sérieux/Auguste farfelu. Certains clowns restent dans la mémoire collective comme les célèbres Grock, Popov, Chocolat, Zavatta etc… (avant que l’on détourne le clown comme personnage terrifiant dans certains films). Il y a un siècle les frères Fratellini introduisent les clowns musiciens qui deviendront récurrents. Les clowns par le rire défoulent, provoquent d’autres émotions mais aussi détournent l’attention sur la mise en place des numéros suivants.















Au XXème siècle apparaît un autre personnage clé : le dompteur avec la ménagerie d’animaux exotiques féroces et dressés, parfois inconnus. Tous les animaux font des numéros, des canaris aux éléphants en passant par des chiens et des fauves. Certains cirques en font leurs spécialités comme le cirque Krone en Allemagne au début du XXème siècle, les cirques Amar, Pinder, Bouglione en France. Actuellement certains protecteurs des animaux réduisent les spectacles de dressage voire militent pour sa suppression dénonçant la maltraitance supposée. (cirque Plume).              

Du cirque traditionnel au cirque moderne :
Le cirque traditionnel se base sur la dramatisation (trapèze volant « le saut de la mort », ou le « sans filet » désormais interdit,  dompteur de fauves en rappelant quelques accidents terrifiants, numéros dangereux avec des effets  simplistes mais efficaces (notamment le faux ratage pour montrer la difficulté…..). La musique doit alors marquer les temps forts du numéro : le départ, la tension, une réception réussie mais aussi masquer un raté en reprenant la musique au moment de la séquence ratée, clôturer la fin du numéro. L’ adaptation aux chorégraphies des hommes comme des animaux, est essentielle afin que les notes respectent le visuel, être en mesure malgré les imprévus demandent lors de répétitions une mise en place soignée. La musique est la respiration du spectacle, variant selon les numéros. La musique a son rôle dans cette dramatisation car elle accentue l’état d’esprit de tension, de crainte, d’attente puis du succès et du soulagement final ! mais la recette efficace mais trop connue commande de trouver autre chose pour séduire le public rapidement blasé. Le spectacle de cirque traditionnel est une succession de numéros différents (l’ordre des numéros étant fonction auparavant des contraintes techniques comme l’installation de matériel et l’alternance de numéros émotionnels contrastés), avec des transitions musicales et de Monsieur Loyal assurant la présentation des artistes et la cohérence de la représentation.      



















Le cirque moderne se renouvelle en dépassant les traditions (le  carcan ?) du cirque traditionnel pour attirer et réjouir le public consommateur toujours plus friand et attiré par des innovations.  (Fumigène, écrans, jeux de lumières, utilisation des nouvelles technologies pour mystifier….). Le cirque évolue sans cesse, des écoles de cirque recherchent la créativité et revisitent de plus en plus les numéros traditionnels : danses, athlètes sportifs, costumes, musiques en recherchant des performances ou des choses jamais faites. Dorénavant, on recherche un enchaînement logique, une histoire racontée, avec des personnages comme au théâtre ou dans une comédie musicale, ou un film. Un collectif d’artistes créée une cohésion, une troupe et non des artistes individuels qui font seulement leur numéro. Les couleurs voyantes sont à toujours à l’honneur (rouge notamment), les costumes, maquillages , paillettes restent brillantes…. Les odeurs (ménagerie) reculent, l’odeur du crottin de cheval ou des fauves est remplacé par l’odeur du pop corn ! L’évolution du cirque traditionnel entraîne la réduction des animaux, des scènes différentes plus frontales donc théâtrales que circulaires du cirque, des numéros de sportifs et athlètes de haut niveau, des chorégraphes et des chanteurs de music hall…  L’esthétique est fondamentalement différente. En conséquence les types de musiques, les profils des musiciens, les instruments de musique vont se modifier, suivant ainsi les évolutions du cirque.

Écoutez la marche des gladiateurs en lisant cet article.
II - La musique est intimement liée à la vie des cirques et possède plusieurs fonctions :
1.  La musique de cirque doit créer une ambiance :
La musique de cirque doit préparer les attractions  Elle est utilisée dans les défilés, les parades pour attirer le public puis en ouverture du spectacle qui précède les représentations. Son objectif est de créer une ambiance particulière de fête avec une musique entraînante et joyeuse avec un répertoire spécifique au cirque suscitant et imprimant dans le cerveau des images et des souvenirs liés aux cirques : (exemples la fameuse marche des gladiateurs, génériques des émissions de cirque à la TV…). La musique est prise alors comme un déclencheur pavlovien pour préparer le spectateur à la fête et au cirque.   
La musique de cirque doit accompagner les attractions : Elle introduit les numéros et accompagne les artistes rythmant les numéros, amplifiant les émotions voulues par les artistes. La musique a toujours été indissociable aux jeux et aux numéros des artistes même dans la Rome antique ou   depuis le moyen âge où les saltimbanques ambulants se déplacent de foires en fêtes à travers les pays. Actuellement plusieurs compagnies comme Soukha reprennent cette tradition du cirque forain des animations de rues avec musiciens et artistes de cirque sans chapiteaux. 
La musique de cirque doit réussir à combler les intermèdes entre les attractions  Auparavant il n’y avait pas de liaisons entre les attractions  et entre deux numéros, il faut installer du matériel, changer de décor et de costumes et ces temps intermédiaires sont occupés par la musique, les clowns et monsieur Loyal qui en expliquant et en présentant donne le fil rouge et du sens, tout en jouant le patron. Actuellement  le cirque suit les modes du public, en employant des chanteurs et chanteuses, proches de la comédie musicale ou du music hall,  qui servent de liens entre les attractions d’artistes de cirque (mais Pinder faisait déjà cela avec Luis Mariano). On peut noter une évolution : La musique qui était secondaire voire pour combler les trous  entre les attractions du cirque devient de plus en plus une composante essentielle du scénario du spectacle à la fois de cirque et musical.  (par exemple : Alegria du cirque du soleil)
La musique de cirque doit accompagner l’après spectacle : parade finale de présentation des artistes. Mais une fois  la représentation terminée, la musique accompagne encore le spectateur pendant son départ, servant à prolonger l’ambiance, à mémoriser dans le cerveau la musique et le spectacle afin que ce bon souvenir donne une envie de revenir…. Ainsi désormais le cirque vend les CD de la musique des spectacles pour prolonger le plaisir (comme une comédie musicale, un spectacle de variétés ou la musique de film).
2.       La musique de cirque provoque et amplifie des émotions :
La musique de cirque doit susciter et enchaîner différentes émotions, produire des impressions en utilisant différents effets afin d’amplifier les émotions changeantes selon les numéros. Mais toutes les émotions humaines ne sont pas activées. Certaines émotions comme dégoût, tristesse, mépris, colère sont par contre abandonnées.  D’autres comme la joie et le rire, la tension et la surprise, l’attente anxiogène de risques, craintes voire peurs ponctuelles pour arriver au soulagement, des instants de rêves et de poésie, de relâchement et de plénitude…forment la trame des émotions variées qui se succèdent rapidement dans un spectacle de cirque. La musique renforce l’émotion de ce que veut exprimer l’artiste de cirque. Pour faire succéder les émotions, la représentation agit sur des registres différents pour capter un maximum d’émotions diverses afin de susciter les applaudissements pour chaque numéro… le spectacle créant ainsi un cocktail qui interpelle chacun et laisse forcément un impact (au moins sur quelques émotions). Actuellement chaque cirque, chaque spectacle essaie d’agrandir la palette des émotions en rajoutant l’ absurde, l’ironie, le poétique, la provocation, la féerie, le fantastique, l’onirique, le fantomatique, le merveilleux, la contestation voire la morale, la révolte sociale même, le militantisme pour une cause voire un épisode historique, l’humour, l’amour, le désespoir, des références intellectuelles… on est loin de la peur du fauve ou des cabrioles de l’acrobate qui va ou non réussir son numéro avec roulement de tambour et coups de cymbales ! et pourtant ils demeurent présents. Évidemment dans toutes ces émotions le rire est incontournable.

La musique est aussi  indispensable pour déclencher le rire.  Évidemment la musique peut être vite burlesque et accompagner les rires mais là ce n’est plus l’orchestre qui joue mais souvent l’artiste seul (accompagné ou non par l’orchestre) et c’est l’apanage des clowns faisant de la musique avec toutes sortes d’ instruments parfois bizarres ou détournés . Certains sont restés célèbres :  Zavatta, la  poly-instrumentiste Annie Fratellini ( avec son concerto pour un clown)… La musique accompagnait et renforçait les moments burlesques dans les films depuis le muet avec des artistes proches du cirque (Buster Keaton, Laurel et Hardy, les Marx brothers, Charlie Chaplin…)  
3. La musique de cirque interagit avec les autres musiques :
La musique spécifique : il y a des musiques spécifiques au cirque traditionnel et la discographie spécialisée est riche mais il existe aussi une interaction importante entre la musique de cirque et les autres musiques.
La musique empruntée : la musique de cirque vit avec son temps et les goûts du public. La musique de cirque se cale sur les musiques populaires à la mode en faisant des emprunts d’airs connus selon les époques.  La musique de cirque emprunte à la musique classique, chansons de variétés  à la mode, opérettes,  comédies musicales, carnaval, airs à la mode, jazz, latino, disco, tzigane, la musique de film, Rock, Pop, music hall, musique du monde, musiques bizarres , musiques exotiques… mondialisation et innovations obligent. La palette sonore devient beaucoup plus grande à exploiter. L’orchestre de cirque puise dans toutes ces musiques, les arrangent pour accompagner l’émotion suscitée par un numéro de cirque. Les musiciens d’orchestre de cirque participent à la formation musicale du peuple en jouant de la musique variées (d’où le nom de variétés). Toutes ces musiques qui étaient bien identifiées se mélangent désormais, s’interpénètrent comme d’ailleurs les éclairages et jeux de lumières, les costumes, les filles dénudées dignes du music hall… Logiquement les musiciens passent donc d’un spectacle à un autre. L’interaction va dans les deux sens : le music hall reprendra souvent cette fonction de la musique de cirque notamment burlesque (ex : le petit violon de Coluche avec ses gants de boxe, Raymond Devos ou le patinage sur glace sur la piste chez Bouglione, Holiday on ice faisant a contrario des numéros de cirque sur glace notamment acrobaties et numéros burlesques. Certaines musiques de cirque sont originales, de plus en plus créées pour un spectacle spécifique. 

Le cirque et sa musique comme source d’inspiration  :
Le cirque est aussi une source inspirante pour de grands compositeurs : exemples : « le bœuf sur le toit » de Darius Milhaud/ Jean Cocteau, le « circus polka » de Stravinsky, « les forains » de Sauguet, « les clowns ou 8 ½ » de Nino Rota/Fellini… voire pour des chanteurs comme  « l’hélicon » de Boby Lapointe, « le cirque » d’Yves Duteil, ou « le saltimbanque » de Maxime Le Forestier ou « Papa Clown » de Pierre Lozère (un incontournable du répertoire de ma fille Magali !) Le cirque a inspiré aussi nombre artistes peintres comme : Seurat, Toulouse-Lautrec, Picasso dans sa  période rose, Chagall, Buffet, Calder etc…
Georges Seurat.
Le cirque a inspiré nombre d’artistes cinéastes : Ainsi « le cirque » et « les feux de la rampe » de Chaplin, « un jour au cirque » des Marx Brothers, « sous le plus grand chapiteau du monde » de Cecil B de Mille, « 24 h de la vie d’un clown » de Melville, « la nuit des forains » de Bergman, « Lola Montès » d’Ophüls,  « le plus grand cirque du monde » d’Hataway, « la Strada » et « les clowns » de Fellini ou le film récent de 2016 « Chocolat » de Zem ….
III - Le métier d’un musicien d’orchestre de cirque.

Généraliste ou spécialiste ?
Comme dans tout métier il y a d’une part les généralistes qui évoluent dans la transdisciplinarité et leurs compétences résultent d’être bon et de pouvoir passer dans plusieurs domaines et d’autre part les spécialistes qui ont un champ étroit de compétence mais qui ont réussi à posséder une expertise certaine dans leur domaine. Dans la musique professionnelle c’est pareil, certains musiciens passent d’une musique à une autre, sont poly-instrumentistes (music hall, cirque, big band, cabaret, studio… ) et d’autres sont virtuoses dans un instrument voire spécialisé dans un type de musique (musicien classique, jazzmen…). Les qualités instrumentales et psychologiques sont très différentes et même le métier est très différent.
Être poly-instrumentiste :
Bien sûr à la base, comme tout musicien, il doit posséder une formation solide d’instrumentiste. (déchiffrer, maîtriser la technique des instruments, phraser, jouer ensemble ….). Par exemple pour un « soufflant », il faut maîtriser un instrument principal (ex : la famille de clarinettes) puis dominer plusieurs instruments secondaires proches (la famille des saxes) et accessoirement se débrouiller avec d’autres instruments à vent). Les percussionnistes si importants dans un orchestre de cirque ont une palette d’instruments aussi importants à maîtriser . Et puis il y a les instruments ponctuels : Scie musicale, mirliton, grelot, beaucoup d’instruments originaux venant du monde créant toutes sortes de sons nouveaux . Actuellement ce « plus » est très recherché dans le recrutement de musiciens afin de surprendre, d’émerveiller le spectateur et l’auditeur  et d’accompagner un numéro exotique. Les attractions de cirque sont à la fois classiques (et la musique est alors bien référencée) mais doit aussi comporter des nouveautés avec des numéros jamais vus ou époustouflants (et en conséquence la musique doit aussi se renouveler)

Réactivité, adaptation , flexibilité : les  qualités fondamentales.
La concentration est essentielle mais moins sur la partition ou sur des passages difficiles que sur le chef d’orchestre qui lui même est réactif par rapport au numéro, imprimant à l’orchestre des modifications en temps réel. La composition de la musique jouée au cirque et qui accompagne les numéros doit pouvoir se modifier rapidement (en s’écourtant brutalement lors d’un imprévu, un ratage sans que cela soit trop visible, en se rallongeant au contraire si le numéro ne suit pas le timing prévu, d’où des changements de rythmes). Chaque phrase se travaille en fragmenté avec des changements possibles, des improvisations, des arrêts –reprises, des cadences impromptues, des mélodies rallongées… ce qui permet que tout l’orchestre réagisse de suite ensemble dans un stop and go permanent… toute une technique. !  La réactivité est alors la qualité essentielle pour aider les  artistes dans le déroulement de leurs numéros. Cela  demande des thèmes simples, répétés, des leitmotiv ou des cellules ou fragments de quelques mesures, des riffs pour donner des repères aux auditeurs mais avec des possibilités de changements rapides (modulations, changements de rythmes,) en temps réel par le chef d’orchestre . Souvent en conséquence la mélodie est orchestrée à minima , basique pour renforcer le thème, parfois pour mettre en valeur un instrument avec contrepoint simple, en canon ou couplet-refrain. Tous ces procédés sont à maîtriser car les musiques et les numéros s’enchainent rapidement, les temps morts et le silence étant bannis. L’adaptation rapide à tous les changements est la qualité d’un musicien d’orchestre de cirque. Ce qui est recherché n’est pas la maîtrise virtuose d’un instrument afin de jouer des concertos difficiles sans fautes mais de jouer selon la demande quelques notes ou une partition avec d’autres . Les qualités de musicien flexible doté d’un sens artistique et d’un esprit d’équipe, est avant tout un professionnel centré sur la justesse et la mise en place instantanée. 
Mais parfois on demande aussi au musicien de pouvoir faire des sons bizarres, des effets sonores ou de la musique exotique, de chanter, de jouer avec une bande enregistrée plus ou moins en play back, enchaîner différents instruments… Les musiciens doivent posséder de nombreux talents, avoir une solide formation musicale classique et/ou de jazz variétés, revoir une orchestration mais surtout suivre le chef qui réagit instantanément à ce qui se passe sur scène et aux imprévus, soutenir l’émotion du numéro, jouer souvent plusieurs instruments avec un bon niveau technique et d’interprétation, improviser aussi, travailler en équipe mais être aussi soliste, vivre en tournées ….Le musicien d’orchestre de cirque est modeste car il met en valeur les artistes qui sont sur la piste sous les projecteurs !
Tout ceci entraîne la professionnalisation des musiciens  de cirque qui sont souvent de bons musiciens poly-instrumentistes et/ ou pouvant jouer toutes sortes de musiques. Un profil proche des orchestres de danse, de big band et de music hall. Créatif, pouvant élaborer de suite une transition, combler un trou sans que cela se remarque. Une vie souvent proche d’un musicien de music hall, des salles de danses, des boites de jazz et de studio essentiel pour le jeu en orchestre en accompagnement d’un chanteur ou d’une attraction, , musicien de pupitre mais aussi quand il le faut devenir soliste et improvisateur 
Cherchez José........Et oui il conduit le camion.

















Jouer toutes sortes de musique :
Musiques variées des spectacles de cirque mais de plus en plus certains spectacles modernes de cirque ont des musiques spécifiques (cirques étrangers comme le cirque chinois, russe, tzigane (tradition des forains gitans spécialistes du cirque) ou de véritables compositions originales. Ainsi de plus en plus maintenant le spectacle raconte une histoire, avec un scénario. donc une musique plus structurée et complexe, donc une modification du profils d’instrumentiste et une amélioration technique. Certains musiciens ont désormais les mêmes formations de conservatoires que leurs homologues classiques ou de jazz. Ainsi l’excellent orchestre du cirque d’hiver chez Bouglione 15 musiciens rompus aux spectacles et aux arrangements de dernière minute, viennent du music hall (ex : anciens de chez  Johnny Halliday , Eddy Mitchell, big band jazzy…)
 

1990. Bernard Duplaix sur la scène du Théâtre de Chaillot
pour la comédie Musicale "Zazou" de Jérôme Savary.
Parmi les instruments les saxophones et les cuivres sont devenus incontournables.La diffusion et la notoriété des instruments à vent sont intimement liés à la musique de cirque.
Certains instruments à vent (pas les hautbois ou les bassons) sous les chapiteaux avec une acoustique proche du plein air devaient être assez bruyants.(ceci est moins vrai désormais avec les micros et enceintes géantes) mais la musique amplifiée est source de nombreux procès vu les nuisances sonores avec les voisins d’où des problèmes d’installation dans les villes.
Que disent les musiciens de cirque :
« Il n’y a pas d’écoles de musicien de cirque, on apprend ce métier sur  le terrain  avec un répertoire très varié car les dominantes des spectacles changent chaque année : une année c’est de la musique tzigane, puis le spectacle suivant on évoque l’Amérique latine et la musique latino, les USA le jazz et le rock , les musiques russes ou chinoises, les percussions africaines ou la belle époque à Paris ! etc…. « un autre musicien indique « il faut un répertoire d’une centaine de morceaux, pas très difficiles techniquement mais très éclectiques. la meilleure formation n’est pas celle du conservatoire de Paris mais après une base solide avoir été musiciens d’orchestres de variétés  (bal, jazz, big band, music hall… rompu aux tournées et à la scène nous aimons l’imprévu et la réactivité, l’improvisation et le travail minutieux de la mise en place. » « Il faut changer de spectacles donc de musiques et souvent même de styles de musique voire d’instruments ! c’est ce coté polyvalent qui est excitant ». De nombreux cirques remplacent les orchestres par une bande –son , un DJ, voire un orchestre a minima. Malgré les coûts, certains grands cirques gardent un orchestre (cirque du soleil, Bouglione…), la tradition étant que les grandes familles de cirque ont souvent appris la musique (les Gruss, Zavatta, Fratellini….). Mais le cirque est avant tout plébiscité par les enfants et  le cirque est présent comme support pédagogique  et  permet la continuité de ce divertissement à chaque génération. Tous les enfants du monde adorent le cirque aussi, les pédagogues vont utiliser les différents aspects du cirque pour développer nombre d’apprentissages notamment la musique : la connaissance des instruments avec Piccolo, saxo et le cirque Jolibois d’André POPP mais aussi évoquer l’histoire (le show sur l’Ouest américain de Buffalo Bill, l’histoire chinoise par le cirque de Pékin….). Le cirque montre les qualités physiques, la souplesse et la motricité, l’apprentissage des numéros (équilibre, jonglerie, magie, connaissance des animaux etc…. ) et la créativité, dans les déguisements et le défoulement par le rire des clowns….Apprendre en s’amusant merveilleuse pédagogie pour toutes les écoles du monde et rendant ainsi le cirque  intemporel. 
























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